Spectaculaire FIAC 2013, à Paris

La Parade de Jean Dubuffet devant le Petit Palais
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La Parade de Jean Dubuffet devant le Petit Palais - © AFP PHOTO/FRANCOIS GUILLOT

On dit que la Frieze de Londres a trop joué de la hype et personne ne se permet de critiquer Art Basel, indétrônable mais dans le paysage des foires d’art, la FIAC – Foire Internationale d’Art Contemporain – à Paris est un rendez-vous attendu. 40 ans cette année et 184 galeries présentes à l’intérieur du Grand Palais. Rien que cela…

Jeudi 24 octobre, la télévision se balade dans les allées, "Libération" a choisi d’illustrer l’entièreté de ses articles par des œuvres d’art choisies par des commissaires d’exposition tandis que "Le Monde" s’interroge sur la santé des galeries…Nous voici en plein dedans, le temps de la FIAC à Paris.

Faire le tour du Grand Palais et trouver l’entrée. Qui ne soit pas celle des VIP, ni de la presse, ni des sociétés partenaires. Et payer 35 euros d’entrée. Presque 3 fois le coût d’une entrée de musée. Autant commencer par ce qui fâche et ne dissuade pas pour autant les visiteurs anonymes. A juste titre. Les collectionneurs – pour rappel, ceux qui font vivre les galeries en dehors des foires – ont eu droit à une visite en avant-première, entre initiés et dans un semblant de calme. Mais en ce premier jour, certains collectionneurs trainent encore, reviennent voir une œuvre et s’entendent souvent répondre que "désolé, c’est vendu", "l’œuvre est réservée".

J’ai suivi le conseil donné par l’un d’entre eux, commencer par le deuxième étage - le salon d’honneur rassemblant des galeries plus jeunes - considérées comme émergentes tant que l’œil est encore frais. Même si dès l’entrée, je fais face au colossal arbre en fer d’Ai Weiwei, installé dans l’espace de la galerie berlinoise Neugerriemscheider. Résister et retrouver quelques galeries belges dans ce salon d’honneur: Catherine Bastide présentant notamment une œuvre de Valerie Snobeck actuellement en sa galerie bruxelloise , Jan Mot, Office Baroque avec cette œuvre très remarquée d’une Vivienne Westwood alanguie de Leigh Ledare et la galeriste Michèle Didier vendant l’œuvre la moins chère de toute la foire, sac en papier du groupe UNTEL au prix de 1 euro…. Cette partie de la FIAC est probablement la plus agréable, on y a une meilleure visibilité des œuvres, la sélection est fraîche, moins d’apparat.

Mais je n’ai pas boudé mon plaisir dans le grand Hall, pour autant. S’offrir le luxe d’être blasée à la vue de la cinquième œuvre d’Anish Kapoor, photographier sous tous les angles l’effusion des saucisses d’Erwin Wurm et malgré la foule - cette faune si particulière d’événement mondain: entre excentriques, connaisseurs et pauvres visiteurs totalement inintéressés par le sujet, entraînés par un tiers – admirer cette quantité hallucinante d’œuvres. De Felix Gonzales Torres à un cochon de Wil Delvoye, un emplacement entier consacré à Poliakoff, un triptyque d’Alex Israël, la Porsche accidentée de Bertand Lavier – ayant trouvé acquéreur dés les premières minutes d’ouverture de la foire – ou ce "pourquoi pas" de Jan Fabre présenté par Daniel Templon...tant d’œuvres qui partiront rejoindre – probablement et majoritairement - des collections privées, loin de nos yeux.

Un cochon de Wim Delvoye

La FIAC est une foire commerciale et elle ne s’en cache pas. Sa commissaire Jennifer Flay, parcours le monde, à la rencontre des galeries, dans des pays considérés comme émergents, pour les attirer en sa FIAC, afin de présenter la meilleure foire qui soit. Et depuis 10 ans, elle a de ce point de vue plutôt réussi. A la fermeture de celle-ci, ce dimanche 27 octobre, la FIAC enregistrait 68 079 visiteurs et surtout des galeristes plutôt heureux.

 

Heureux d’avoir eu plus de collectionneurs internationaux et semblant satisfaits de leurs ventes.

 

 

Stéphanie Etienne

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