Sculpting Belgium, 1945-75

Sculpting Belgium, 1945-75
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Sculpting Belgium, 1945-75 - © Patinoire Royale

La Patinoire Royale à Bruxelles réunit jusqu'au 23 décembre une trentaine de sculpteurs belges qui ont œuvré durant les Trente Glorieuses.

L'exposition présente plus de deux-cents œuvres. Certains de ces artistes sont bien oubliés aujourd'hui. Cependant, la création à l'époque était florissante. Les sculpteurs utilisaient des matériaux nouveaux comme le plexi, la fibre de carbone, l'acier, le caoutchouc, la fibre optique... Ils exploraient un lexique de formes qui rivalisaient avec l'espace construit. Les créateurs les plus connus occupaient l'espace urbain grâce à des commandes publiques. Dans l'exposition, une fontaine de Pol Bury côtoie un signal de Jacques Moeschal. Olivier Strebelle et Félix Roulin sont d'autres noms connus.

Tous sont réunis autour de la figure tutélaire d'Oscar Jespers (1887-1970). Dans son oeuvre, les formes figuratives opèrent le passage vers l'abstraction géométrique ou lyrique. Celui qui fait figure de père spirituel réalise dès les années 1920 des synthèses formelles innovantes en intégrant le cubisme dans sa sculpture ainsi que les références à la statuaire africaine. D'excellents artistes ont fait fructifié l'héritage d'Oscar Jespers. Monique Guebels qui avait donné dans l'abstraction lyrique avec des formes carapaces fut l'élève du maître. Elle a été la première femme à avoir obtenu le prix de Rome en 1950. Elle travaillait le marbre et des matières dures. Qui se souvient d’elle ?

L'exposition tirant de l'oubli des artistes d'exception est une entreprise à saluer. Elle permettra de revoir à la hausse la cote de ces créateurs. Parmi eux, Francis Dusépulchre s'impose comme une figure majeure. Il travaillait le panneau de masonite, monochrome, blanc, bleu ou rouge, concave ou convexe, qu'il incisait. Il tendait parfois un fil sur la surface qui projetait son ombre. Il utilisait également des fibres optiques. Il y a peu d’œuvres de Francis Dusépulchre dans l’espace public. Une sculpture est placée à l'entrée du Musée royal de Mariemont. L'artiste avait été le premier lauréat du concours d'idées pour l'habillage de la Tour des Finances, boulevard du Jardin botanique à Bruxelles, mais le projet n'a jamais été réalisé.

Sculpting Belgium remet en lumière notamment les créations de Jo Delahaut, de Tapta, de Walter Leblanc et de Vic Gentils, mais oublie entre autres celles de Raoul Ubac et de Paul Van Hoeydonck. Cette remarquable exposition d'allure muséale est présentée à l'initiative d'une galerie privée dont l'objectif commercial dicte le choix des œuvres qui sont toutes mises en vente.

Constantin Chariot, un des commissaires de l'exposition, est au micro de Pascal Goffaux :

Informations pratiques :

Sculpting Belgium, jusqu'au 23 décembre 2017
La Patinoire royale
Rue Veydt, 15
1060 Bruxelles

Entrée gratuite.