Résistance Heureuse : l'expo-manifeste du photographe Antoine Grenez

Antoine Grenez n'a pas chômé pendant le confinement. Son terrain de jeux c'est la scène underground bruxelloise, le clubbing, la rencontre et la fête avec toutes et tous. Et pendant le confinement, il en organisera plusieurs - clandestines - avec son collectif Chanoirs. Quitte à se prendre quelques descentes de police et quelques amendes... à voir dans l'exposition Résistance Heureuse à la galerie L'Enfant Sauvage à Bruxelles.

 

Le clubbing, espace de liberté

Antoine Grenez (27 ans) était plutôt branché nature. Un jeune artiste solitaire jusqu'à sa découverte des nuits bruxelloises et de la club culture. Il voit l’espace du club comme un environnement social, hors codes, qui est la source d'une nouvelle créativité collective. Le photographe, qui aime sortir du cadre, l'a écrit sur les murs de son expo Résistance Heureuse. Une expo en forme de manifeste, présentée comme une chambre d'ado aux murs recouverts de vinyl avec des dessins issus de ses carnets, avec des réflexions, avec des scans de livres sur le sens de la fête, de la liberté, de la sensualité du clubbing. Ces murs supports de ses idées provoquent une double lecture avec les images "sauvages" de ces soirées, "bulles de résistance [] hors du temps" avec leurs valeurs inclusives. Un véritable espace de travail pour le photographe. Certaines "soirées" peuvent durer plus de 24 heures et les clubbeur.euse.s changer de look plusieurs fois.

Sentir l’énergie dans un océan de personnes diverses et variées. Ressentir cette sublime immersion et devenir unique dans la collectivité.     

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Résistance Heureuse, photos et textes sur vinyl. Antoine Grenez - 2021 © Grenez-Fotoscope
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Résistance Heureuse, vue de l'exposition, Antoine Grenez - 2021 © Grenez-Fotoscope

La créativité de la scène bruxelloise

Selon Antoine Grenez, la scène bruxelloise du clubbing va exploser d’ici quelques mois. Retrouver l’effervescence des années fin 80 et 90. Aujourd’hui, l’énergie de la night life -et sa diversité musicale- est assurée par une multitude de petits collectifs ( Heartbroken, Leaving Living Dakota, Slagwerk) qui organisent des soirées nomades. Personne n’a de lieu définitif. La force de Bruxelles, c’est l'unité de cette scène, l’absence de concurrence, contrairement à d’autres villes, comme Paris. Chanoirs, le collectif d’artistes dont fait partie Antoine, se définit comme une " maison de production collective de projets artistiques ". L’argent des soirées sert, entre autres, à la création de vêtements, mais peut aussi, par exemple, aider un artiste dans la dèche.

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Constellation Lutece, Antoine Grenez © Grenez-Fotoscope
Arto, Antoine Grenez © Grenez

Réconcilier l'art avec l'existence à travers le collectif

Si les photos documentent la scène nocturne, si les expositions mélangent textes, images et graffitis suggérant un bouillonnement de sensations et de réflexions, l'artiste veut sortir de la galerie et, outre les soirées, imaginer des expériences vivantes collectives. Le 11 juin, il organise des visites guidées déguisées dans les deux espaces (le Hangar et L'Enfant Sauvage) où il expose en parallèle. Rencontrés à L'Enfant Sauvage, des membres du collectif évoquent un lien avec l'enfance retrouvée, un penchant dadaïste et une jouissance du moment présent. Tou.te.s sont bien conscient.e.s de ne rien inventer mais de réactiver un état d'esprit, un héritage, toujours à faire renaître. Et cette simplicité, cette "quasi" humilité, cette ouverture sincère à tous les publics sont, quant à elles, d'indéniables créations de Chanoirs

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visite guidée déguisée le 11 juin 2011 à L'Enfant Sauvage © Xavier Ess - RTBF

En pratique :

Résistance Heureuse

L'Enfant Sauvage jusqu'au 17 juillet

Rue de l'Enseignement 23 - 1000 Bruxelles

Ouvert du jeudi au samedi

de 13h à 19h

 
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