Rencontres photos d'Arles: focus sur 1968 en France et aux USA

Les Rencontres internationales de la photographie d'Arles vont mettre le focus sur l'année 1968 en France et aux Etats-Unis, de mai 68 aux assassinats de Martin Luther King et Robert Kennedy
Les Rencontres internationales de la photographie d'Arles vont mettre le focus sur l'année 1968 en France et aux Etats-Unis, de mai 68 aux assassinats de Martin Luther King et Robert Kennedy - © AFP

Pour leur 49e édition, du 2 juillet au 23 septembre, les Rencontres internationales de la photographie d'Arles vont mettre le focus sur l'année 1968 en France et aux Etats-Unis, de mai 68 aux assassinats de Martin Luther King et Robert Kennedy.

50 ans après, les Rencontres d'Arles vont se replonger dans cette période phare, avec des expositions sur les événements de mai en France ou les assassinats de ces deux figures politiques de l'autre côté de l'Atlantique, a annoncé mercredi leur directeur, à Arles.    

"Cours camarade, le vieux monde est derrière toi": reprenant le slogan des manifestations étudiantes, une première exposition présentera des archives inédites de la préfecture de police et d'agences de photos, sur les "événements" de mai.

Ce "retour en 68 ne concernera pas exclusivement mai, mais toute l'année 1968", a précisé, lors d'une conférence de presse, le directeur des rencontres Sam Stourdzé. Une collection d'affiches sera également exposée.

68 encore avec un reportage sur l'hommage rendu par les Américains au sénateur Robert Kennedy, dont la dépouille est transportée en train de New York à Washington après son assassinat, le 8 juin 1968.

Sous le titre "America great again", une autre exposition retracera 60 ans de chroniques américaines captées par les objectifs de Robert Frank, Raymond Depardon et Paul Graham, avec une rétrospective de l'ensemble de leurs travaux américains.

Deux expositions s'intéresseront à des minorités avec les travaux du photographe palestinien Taysir Batniji sur les Palestiniens vivant aux Etats-Unis et le reportage de Laura Henno sur Slam City, en Californie, où vivent des marginaux et transfrontaliers. 

"Il s'agit de faire résonner hier avec aujourd'hui", a commenté Sam Stourdzé, selon qui "nous sommes de nouveau au coeur d'une période qui fait débat avec l'avènement de l'homme numérique, qui tout à la fois inquiète et fascine".

Une rétrospective d'une centaine de photos sera par ailleurs consacrée à William Wegman, connu pour ses portraits mettant en scène des chiens braques de Weimar. L'un d'eux a d'ailleurs été choisi pour illustrer l'affiche des rencontres 2018.

A l'abbaye de Montmajour, à quelques kilomètres d'Arles, le cinéaste Jean-Luc Godard et Pablo Picasso seront l'objet d'une exposition commune destinée, selon les organisateurs des rencontres, à montrer "ce qu'ils ont en commun". Pour Sam Stourdzé, "chacun a voulu être le dernier représentant de sa discipline, la peinture pour Picasso, le cinéma pour Godard".

L'édition 2018 des Rencontres sera également marquée par la construction d'un vrai temple bouddhiste en bambou de 1.500 m2 pour accueillir les photos du moine Matthieu Ricard, et par un travail du photographe Christophe Loiseau avec les détenus de la prison d'Arles.

La 48e édition des Rencontres de la photographie à Arles avait connu un succès inégalé avec 125.000 visiteurs, en hausse de 20% par rapport à 2016.