Polémique catalane à ARCOMadrid

Santiago Sierra - Prisonniers politiques de l'Espagne contemporaine
10 images
Santiago Sierra - Prisonniers politiques de l'Espagne contemporaine - © Valérie Boucher

ARCO à Madrid, s'est ouverte mercredi 22 février avec une polémique après le retrait controversé d'une installation de l'artiste Santiago Sierra évoquant des "prisonniers politiques" catalans.

L'organisateur de la foire, l'entreprise publique Ifema, a demandé à la galerie Helga de Alvear de retirer l'oeuvre en raison de "la polémique provoquée", qui pourrait porter "préjudice à la visibilité de l'ensemble des contenus réunis par ARCOmadrid 2018".

Une "censure", selon l'artiste espagnol, qui a dénoncé sur Facebook une décision portant "sérieusement atteinte à l'image de la foire internationale et de l'Etat espagnol". Pour le directeur d'ARCO, Carlos Urroz, cette première est une "très mauvaise décision".



Santiago Sierra, né en 1966 à Madrid et vit depuis 1998 au Mexique, a déjà suscité la controverse comme lorsqu'il avait créé une "chambre à gaz" dans une synagogue ou utilisé des sans-abri, des prostituées, des migrants... pour dénoncer l'exploitation.

L'oeuvre retirée, s’intitule Prisonniers politiques de l'Espagne contemporaine et consiste en une installation de 24 photographies. Sur les images, on aperçoit la photographie pixelisée de l'ancien vice-président indépendantiste catalan Oriol Junqueras, incarcéré depuis plus de trois mois près de Madrid, des photographies de Jordi Cuixart et Jordi Sanchez, deux dirigeants d'associations indépendantistes écroués pour leur rôle présumé dans la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017 et aussi des portraits de personnes condamnées ou un temps mises en cause pour des faits qui selon l'artiste sont en lien avec leur idéologie.



"Sur les réseaux sociaux"

La décision a battu son plein sur les réseaux sociaux et au-delà. La mairie de Madrid, Manuela Carmena, ancienne juge de gauche, a marqué son mécontentement en refusant d’inaugurer la foire "car elle défend la liberté d'expression et de création par dessus tout". L'installation de l’artiste espagnol s’est vendue mercredi soir pour 80 000 euros.

Pour cette 37ème édition, ces commissaires ont choisi d’innover en créant un espace, conçu par Andrés Jaque, d’exposition intitulé "Futur" qui regroupent 19 galeries sélectionnées par Chus Martinez, Rosa Lleo et Elise Lammer. La foire se félicite aussi de son programme d’expositions "hors les murs" dont beaucoup consacrées à des artistes latino-américains.