Photomaton ou le hasard devient oeuvre d'art

Derrière le rideau. L'esthétique photomaton.
Derrière le rideau. L'esthétique photomaton. - © © RTBF - Françoise Brumagne - 2012

Dès sa création, et l'installation des premières cabines, en 1928 à Paris, le photomaton a rapidement inspiré les artistes qui se sont emparés de ce processus automatique.

Les surréalistes ont rapproché cette pratique de l’expérience de l’écriture automatique. Les créateurs, mais aussi les anonymes ont joué avec le procédé. Ils se sont dissimulés dans la cabine, cachés derrière le rideau et ils ont  brouillé les pistes de l’identité. Cindy Sherman invente une autre identité ; elle pose " à la manière de " et recrée les stéréotypes féminins.  Naomi Leibowitz a convié le vide dans la cabine et le voile énigmatique théâtralise l’espace de la photo. Les artistes ont créé des séquences d’images qui racontent des histoires. Le découpage filmique de la bande en quatre images a inspiré les créateurs qui ont insufflé un semblant de mouvement à l’image fixe. Ils sont intervenu sur l’image. Ils l’ont triturée, trouée, … Ils ont érigé le défaut technique en technique singulière et le hasard en œuvre d’art.  

L'explication d'Anne Lacoste, conservatrice au Musée de l’Elysée à Lausanne, une des commissaires de l’exposition

Une expo rare à voir au Botanique

L’Esthétique Photomaton est une exposition imaginée par le Musée de l’Elysée à Lausanne et accueillie au Botanique jusqu’au 19 août.

 

Les oeuvres ne pouvant être exposées que trois fois, après Lausanne, et Bruxelles, elles iront à Vienne, avant de retrouver leurs propriétaires.

 

L’exposition réunit de grands noms de l’histoire de l’art : André Breton, Jacques-Henri Lartigue, Arnuf Raine, Thomas Ruff, Andy Warhol, Jan Wenzel, … Elle aborde en six sections les trois caractéristiques physiques du photomaton - la cabine, l’automatisme et la bande - et les trois questions liées à l’identité, de soi et des autres –Qui suis-je ? Qui es-tu ? Qui sommes-nous ?-

 

Pascal Goffaux

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