Mystérieuse découverte de dizaines d'oeuvres ignorées de Picasso

Les tableaux, carnets et dessins, d'une valeur estimée à une soixantaine de millions d'euros, ont été présentés en septembre dernier à Paris par un couple de retraités vivant sur la Côte d'Azur (sud-est) au fils du peintre Claude Picasso, également administrateur de la succession, afin d'obtenir des certificats d'authenticité. Parmi ces oeuvres inédites, qui datent de la période 1900-1932, se trouvent en particulier neuf collages cubistes d'une valeur estimée à une quarantaine de millions d'euros, une aquarelle de la période bleue, des gouaches, lithographies et des portraits de sa première épouse Olga, selon Libération.

Pierre Le Guennec, 71 ans, dit avoir travaillé comme électricien pour Picasso pendant les trois dernières années de la vie du peintre décédé en 1973. Il aurait installé des systèmes d'alarme dans les différentes résidences de l'artiste, notamment à la villa Californie à Cannes, où de nombreux cartons de dessins étaient entreposés.

Les héritiers et experts mis à contribution ont décidé de porter plainte contre X pour recel le 23 septembre. Les oeuvres ont été aussitôt saisies le 5 octobre par l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels au domicile du couple, une petite maison sans prétention située dans un petit village au sud de Grasse. La collection se trouve désormais dans la salle forte de l'office dans la région parisienne.

L'électricien à la retraite, qui a été placé brièvement en garde à vue à la mi-octobre, plaide l'innocence. Ces oeuvres lui ont été données, soit par Picasso lui-même selon certaines de ses déclarations, soit par son épouse Jacqueline décédée en 1986, selon d'autres. 

Joint par Libération à New York, Claude Picasso a exclu l'idée que son père ait pu "donner une telle quantité, cela ne s'est jamais vu, cela ne tient pas debout. C'était une partie de sa vie, cela ne tient pas debout". Il a ajouté souhaiter que la justice fasse toute la lumière sur l'affaire et que "personne ne puisse tirer profit d'une mauvaise action, si c'est bien le cas." "Il ne faut pas que ce patrimoine se retrouve dispersé", a-t-il conclu. 

 Aucune charge n'est pour l'instant retenue contre le retraité, a déclaré son avocate, Me Evelyne Rees, à une correspondante de l'AFP.  "M. Le Guennec estime que si c'était du recel, il ne serait tout de même pas allé se jeter spontanément dans la gueule du loup!", a souligné Me Rees. Le parquet de Grasse, chargé de l'enquête, n'a pas souhaité communiquer sur cette affaire, se bornant à dire que "l'enquête était en cours".

Belga