Migrants: une installation géante d'Ai Weiwei bientôt exposée à Prague

Ai Weiwei
Ai Weiwei - © Photo Gao Yuan

Une installation géante baptisée "La Loi du Voyage" de l'artiste dissident chinois Ai Weiwei, très sensible à la cause des migrants, sera exposée à Prague du 16 mars au 7 janvier 2018, a annoncé vendredi la Galerie nationale.

L'ouvrage prend la forme d'un canot gonflable long de 70 mètres, avec des figures plus grandes que nature de 258 réfugiés. Le canot plane dans l'espace et son image "surnaturelle" se reflète dans une grande boule de cristal, a précisé la galerie tchèque.

"+La Loi du Voyage+" est une installation monumentale, le plus grand ouvrage individuel de l'artiste", a indiqué la galerie pragoise dans un communiqué.

Le projet "reflète les problèmes urgents du monde d'aujourd'hui, sapé par des conflits et des crises politiques et économiques, du monde qui fait face à une inflation des valeurs et à un déclin moral", lit-on dans le texte.

"Quand je suis arrivé pour la première fois à Lesbos, nous y avons trouvé un canot à moitié coulé. J'ai voulu faire l'expérience de ce que c'était d'y être seul", a confié Ai Weiwei, cité par le communiqué.

"Et là, j'ai senti ce que c'était de me retrouver sur un canot mal équipé, tout seul, comme un insecte sur une feuille au milieu d'un lac", a ajouté cet artiste indépendant, sculpteur, photographe, architecte et blogueur politique.

"Dans ce bateau-là, j'ai trouvé un biberon et une bible, imbibée d'eau de mer. C'est à ce moment là que j'ai décidé d'explorer tout ceci, en suivant toutes mes pensées dans ma tête", a-t-il ajouté.

"La Loi du Voyage" remplace dans l'ancien Palais des Foires transformé en un musée et abritant les collections d'art moderne et contemporain de la Galerie nationale, la monumentale "Epopée slave" de l'icône de l'Art Nouveau Alfons Mucha (1860-1939), actuellement exposée au Japon.

Ai Weiwei avait déjà exposé en 2016 au même endroit, sur le parvis du Palais des Foires à Prague, son "Cercle d'animaux" composé de douze têtes en bronze du zodiac chinois, montées sur des piliers d'environ deux mètres de hauteur.

L'artiste chinois - incarcéré dans son pays près de trois mois en 2011 puis privé de passeport pendant quatre ans - a multiplié ces dernières années les initiatives en faveur des migrants.

Le mois dernier, il s'est dit consterné par les débuts du président américain Donald Trump et certaines de ses mesures, comme la tentative de priver de visas les ressortissants de sept pays à majorité musulmane ou sa promesse d'ériger un mur entre les Etats-Unis et le Mexique.


Belga