Mick Jagger en solo (et à l'église) à Arles

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Nous avons rencontré Mick Jagger à l'église, s'il vous plaît. Celle des Trinitaires, grandiose, vaguement gothique, sacralisée toujours. Et là, le choc. L'icône vénérée dans ce lieu de culte s'appelle Mick Jagger. Il est partout sur les murs et on est loin du chemin de croix...


La bête de scène depuis 45 ans est passé devant l'objectif des plus grands photographes : Jean-Marie Perrier, Peter Lindbergh, Cecil Beaton... Ce sont toutes des photos de rendez-vous depuis 45 ans, une approche intimiste de l'artiste dont la bouche fit le symbole de son groupe.

"Depuis longtemps, dit François Hebel, le directeur des rencontres photographiques d'Arles, je voulais qu'une star se raconte en images. Ici sa longue carrière permet de suivre les évolutions et l'épaisseur d'un personnage de scène mythique." 


Mick Jagger acceptait des rendez-vous scrutateurs

Tous les portaits accrochés sont le fruit d'une rencontre entre un artiste et une star du rock. Aucune image volée, de scènes ou de vie. Tout démontre et montre que sa kinésie, son déhanchement, son corps maigre et sa bouche lippue ont contribué à la naissance d'un mythe, tout cela bien au-delà de sa voix. On ne l'entend d'ailleurs pas dans cette église aux murs lézardés. Pas une musique, pas un son, tout en recueillement, en vis-à-vis avec la photographie. Il s'agit ici d'une exposition de photos, pas l'éloge par et pour des fans. 


80 portraits de la bête Jagger

On y voit le mauvais garçon, le sexy, le séducteur en chemise rayée bleue sur fond de briques quand il était jeune par Jean-Marie Périer. Le visage hagard du chanteur dans une chambre d'hôtel par Tony Frank. L'esthétique rock en train de naître, les seventies où l'on voit l'abandon total, le déhanchement et l'épuisement et puis l'imagerie influencée par Bob Dylan et Donavan vers le "peace and love", mais aussi le dandy. Et puis l'homme veillissant.

Mick Jagger livre des facettes dans des mises en scène : il est nu chez David Montgomery, cornu chez Anton Corbijn, esthétique et beau chez Cecil Beaton. Et il y a les photos sobres d'un Gassian. Les photographies choisies par Jagger, celles réalisées pour les pochettes de disques ou les affiches de tournées, tout est là. Il n'existe pas d'archive, ni de fonds. Ce sont des collectionneurs privés qu'il a fallu retrouver pour composer et monter cette exposition. La première du genre, acceptée par le chanteur.

La présentation est chronologique, de la beauté androgyne aux rides profondes signes de tous les excès. Une façon de traverser une histoire de la mode et de la photographie aussi. L'exposition compte 80 portraits d'une soixantaine de photographes et tout cela s'inscrit dans une actualité brûlante pour le groupe. Trois manifestations à Paris et à Londres. On retiendra l'exposition "My Generation : The Glory Years of British Rock" organisée au Victoria & Albert Museum.

Mick Jagger à l'église, un backstage étonnant à Arles aux Rencontres photographiques.

Françoise Baré

Il existe un catalogue de l'exposition.