Magritte, Broodthaers & contemporary art

Magritte et Broodthaers
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Magritte et Broodthaers - © Maria Gilissen

"Ceci n’est pas une pipe". Le célèbre tableau de René Magritte titré "La trahison des images" est de retour en Belgique pour la première fois depuis plus de 45 ans. Les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique commémorent le 50e anniversaire du décès du peintre surréaliste en présentant une grande exposition qui illustre l’héritage de Magritte dans l’œuvre de Marcel Broodthaers et dans la création contemporaine.

L’apport de Magritte ne peut être évoqué sans tisser des liens entre les mots et les images. La représentation imagée d’une pipe n’est pas la réalité de l’objet qui se vit exclusivement dans l’expérience. La réflexion de Magritte porte sur le statut de l’objet et sur celui du langage. Le langage trahit la réalité de l’objet. Magritte a ouvert une porte vers l’art conceptuel et une voie vers le rêve et le mystère en réunissant de manière inattendue des objets appartenant à la banalité du quotidien.

Les artistes du Pop Art dont Andy Warhol est le pape s’intéresseront aux objets de la société de consommation et les Nouveaux Réalistes ne seront pas des surréalistes. Dans "La découverte du feu", Magritte enflammait l’image d’un tuba. Dans "Le temps n’est plus menaçant", Arman lui rend hommage en assemblant deux objets bien réels, un extincteur et un tuba.

Par contre, Marcel Broodthaers apparait comme l’héritier spirituel de René Magritte en livrant une interprétation graphique du poème de Stéphane Mallarmé "Un coup de dés jamais n’abolira le hasard". Il substitue aux mots des traits de peinture noire. La casserole de moules et le fémur peint en noir, jaune et rouge inscrivent l’héritage dans un territoire belgo-universel.

L'interview de Michel Draguet, le commissaire de l’exposition :

"Magritte, Broodthaers et l’art contemporain" aux Musées Royaux des Beaux-Arts à Bruxelles jusqu’au 18 février (ouverture 7 jours sur 7).