Londres: Giacometti exposé en grande pompe à la Tate Modern

"Femme égorgée", 1932. Bronze (moulé en 1949)
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"Femme égorgée", 1932. Bronze (moulé en 1949) - © Antonia Reeve

La Tate Modern rassemble plus de 250 œuvres du célèbre sculpteur et peintre Alberto Giacometti (1901-1966).

Les personnages à la silhouette étirée de Giacometti font partie des œuvres les plus reconnaissables de l'art moderne. Mais cette exposition se penche également sur ses plâtres et dessins, dont plusieurs n'ont jamais été exposés. La scénographie illustre la progression de la carrière de l'artiste, de ses premières œuvres produites dans les années 1920 aux emblématiques sculptures en bronze réalisées dans les années 1960. La Tate Modern indique qu'elle vise à "repositionner Giacometti comme un artiste doté d'un intérêt bien plus large pour les matériaux et les textures, en particulier le plâtre et l'argile. L'élasticité et la malléabilité de ces matières lui ont permis de travailler d'une manière inventive, en retravaillant continuellement et en expérimentant avec le plâtre pour créer ses surfaces distinctives texturées et grattées."

Plusieurs œuvres encore jamais exposées et fragiles, qui voyagent donc rarement, sont exposées pour la première fois. Les "Femmes de Venise" (1956), créées pour la Biennale de Venise, sont notamment rassemblées pour la première fois depuis leur création.

Giacometti, né en Suisse, est arrivé à Paris dans les années 1920, où il a rejoint successivement les cubistes puis les surréalistes, en 1931. Les sculptures à grande échelle de l'artiste sont exposées avec ses dessins et ses livres. La variété de sa production révèle son intérêt pour les arts décoratifs, ainsi que pour l'art égyptien et africain.

L'artiste a quitté Paris en 1941 pour Genève, jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il se mit à y travailler sur de plus petites sculptures, de style plus réaliste, s'éloignant du surréalisme. Après la guerre et son retour à Paris, Giacometti commença à produire les silhouettes fines et allongées qui ont établi sa renommée, cristallisant le thème de l'aliénation, qui caractérisait le désespoir débordant d'après-guerre.

L'exposition explore également les figures clés de la vie de l'artiste: sa femme Annette Giacometti, son frère Diego, sa dernière maîtresse Caroline, autant de personnes qu'il a utilisées comme modèles et observées avec précision.

On retrouvera parmi les œuvres exposées à la Tate Modern: "L'Homme au doigt" (1947), "L'Homme qui chavire" (1950) et "La Main" (1947), ainsi que beaucoup de ses peintures, notamment "Diego assis" (1948) et "Caroline avec une robe rouge" (environ 1964-1965).

L'exposition est ouverte du 10 mai au 10 septembre 2017.