Liège : Andy Warhol et la Factory s'invitent, dès l'automne, à La Boverie

Marilyn Monroe déclinée par Warhol en 1967
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Marilyn Monroe déclinée par Warhol en 1967 - © The Andy Warhol Foundation

Cet automne, le Musée de La Boverie accueille le pape du Pop Art, Andy Warhol. "Warhol. The American Dream Factory" revisite la vie et la carrière de l’un des artistes les plus influents du XXe siècle. Artiste emblématique, Warhol efface sciemment le clivage entre culture élitiste et populaire. À travers le prisme de son regard ironique se lit une fresque où se mêlent mutations sociales et politiques, nouvelles habitudes de consommation, puissance émergente de l’image et de la "société du spectacle".

Artiste éclectique et businessman

Parcourant 40 ans de création, l’exposition commence par les débuts de Warhol en tant qu’illustrateur publicitaire, quand il s’installe à New York en 1949. Les années 50, grâce à la diversité de ses commanditaires, le verront explorer une grande variété de techniques et de supports dans une créativité sans limites.

Devenu peintre, Warhol raconte les sixties, décennie révolutionnaire qui voit l’apogée de la société de consommation (les célèbres boîtes de soupe). Ses œuvres sont construites sur le principe de la sérialisation des images et de la production de masse. C’est à cette époque qu’il ouvre sa Factory, à la fois atelier, lieu de rencontres et studio de tournage où il réalise ses films. Le 3 juin 1968, il est blessé par balle d’un coup de revolver, événement qui marque un tournant dans sa carrière. Il renouvelle alors son entourage et se met à fréquenter davantage le beau monde. Ressuscitant un genre considéré désuet, il réalise de très nombreux portraits de célébrités comme la série de Marilyn. Il opère une rationalisation du fonctionnement de la Factory, qui s’appelle désormais The Office : véritable business dont les différents départements gèrent les imprimés, la création de peintures, la production de films, le magazine Interview et les commandes plus commerciales.

Au sommet de sa gloire dans les années 80, Warhol est devenu une icône de la scène artistique, jusqu’à la caricature. Il se confond avec sa propre image publique et devient même un objet publicitaire. Toujours en phase de l’air du temps, il produit sa propre émission télévisée. Il profite aussi de son immense notoriété pour promouvoir les artistes qu’il admire, tels Basquiat, Haring ou Clemente.

Warhol meurt en 1987 à la suite d’une banale intervention chirurgicale.

Dans l’univers de la Factory

Cette exposition exceptionnelle donne à voir les œuvres les plus célèbres de l’artiste. Les prêts en provenance du Andy Warhol Museum, du MoMa, de la galerie Sonnabend se partagent la vedette avec des pièces de collections privées prestigieuses telles celle de " Baby " Jane Holzer, actrice, modèle et muse de Warhol ou encore celle de Paul Maréchal, exceptionnelle par sa richesse et son originalité. Mais elle donne aussi à voir un aperçu de l’incroyable diversité créatrice de Warhol : dessins, peintures, films, imprimés, magazines, pochettes de disques, couvertures de livres – de très nombreux travaux inédits ou très peu montrés.

La scénographie a été particulièrement soignée par l’agence Tempora, déjà partenaire de La Boverie pour l’expo Hyperrealism notamment. Le visiteur plongera dans l’univers de La Factory à travers un parcours ponctué de son, d’images et d’objets. L’exposition propose une présentation résolument contemporaine, inspirée de l’esprit du maître du Pop Art. Elle nous fait revivre l’Amérique de Warhol au long d’un voyage à travers le temps évoquant les grandes transformations politiques et sociales de l’époque.

"Warhol. The American Drean Factory", du 2 octobre au 28 février www.expo-factory.be.