Les vanités de Sanam Khatibi s'exposent à Bruxelles

Un crâne, des fleurs fanées, la flamme vacillante d'une bougie... la vanité est un genre spécifique de la peinture, apparu au XVIIe siècle. Il invite à méditer sur la nature passagère et vaine de la vie humaine face à l'inéluctable mort. Aujourd'hui, des artistes comme la belge Sanam Khatibi perpétuent le genre. 20 vanités sont à découvrir à la galerie Rodolphe Janssen. 

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Sanam Khatibi - An old remembered song, 2020 Oil on panel 16 x 21 cm © Rodolphe Janssen

Sanam Kathabi, née à Téhéran en 1979, utilise différents supports comme la peinture, la tapisserie et la sculpture, pour développer un univers fascinant mais en tension sur des thèmes comme la violence, la sensualité, la bestialité. L'attraction des contraires. La nature y est omniprésente.   

Cyanide, une exposition ancrée dans le moment présent 

Une vingtaine de vanités, des accumulations d'objets divers et deux grandes toiles sont réunies sous le titre Cyanide, traduisez cyanure. Ce choix a été guidé par la fragilité de notre monde, assailli par la pandémie, et les oeuvres qui évoquent la vie et la mort. "Je suis fascinée par les histoires qui évoquent les poisons pour tuer. Mes poisons sont les plantes et les animaux", déclare l'artiste. 

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Sanam Khatibi - Nefertiti, 2020 Oil on panel 31 x 41 cm © Rodolphe Janssen

Sanam Kathabi se réapproprie le genre de la vanité  (la nature "vaine" de l'existence) avec une déclinaison d'objets propres à son univers: papillon, fleurs, coquillages, lézard, fruits, insectes... On ne peut pas y lire les symboles classiques des vanités comme le livre pour la vanité du savoir, les bijoux ou les armes pour la vanité de la richesse et du pouvoir, le vin ou les instruments de musique pour la vanité des plaisirs. 

Rien ne peut aller à l'encontre de la puissance de la nature"

La faune et la flore sont omniprésentes dans le travail de l'artiste. Une nature puissante par sa force de régénération et son pouvoir destructeur.

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Sanam Khatibi - She can’t pass a mirror without seducing it, 2020 Oil on panel 21 x 31 cm © Rodolphe Janssen

En contraste avec les 20 petits tableaux des vanités, l'expo chez Rodolphe Janssen présente aussi 2 tableaux de grands formats (180 x 230 cm) à la manière de scènes mythologiques ou religieuses, sans qu'on sache précisément de quoi il s'agit. Si ce n'est l'agressivité, la tension, la violence qui émanent de la scène. Dans Deadly Nightshade, ci-dessous, deux femmes d'apparence identique -peut-être des amantes- se battent dans un combat mortel : l'une d'elles hurle à quatre pattes tandis que son ennemi lui montre les dents en attendant le coup final.

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Sanam Khatibi - Deadly Nightshade, 2020 Oil on canvas 180 x 230 cm © Rodolphe Janssen
Sanam Khatibi - Cyanide, installation view, rodolphe janssen, Brussels, Belgium 2020 © Rodolphe Janssen

L'accumulation d'objets face au dénuement des vanités

Sanam Khatibi vit entourée d'objets de toutes sortes qu'elle collectionne et qui forment des récits dans leur agencement. Plusieurs de ces univers en devenir sont présentés dans l'exposition. Une accumulation en contrepoint à la finitude des choses et du vivant, au dépouillement des vanités. Mais des objets qui humblement remplissent leur fonction, celle de construire aussi notre histoire personnelle. 

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Sanam Khatibi - Cyanide, installation view, rodolphe janssen, Brussels, Belgium 2020 © Rodolphe Janssen
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Sanam Khatibi - Cyanide, installation view, rodolphe janssen, Brussels, Belgium 2020 © Rodolphe Janssen

En pratique : 

Cyanide - Sanam Khatibi

- > 31 janvier – mardi au samedi.

Galerie Rodolphe Janssen 

Rue Livourne 35 
1050 Bruxelles