Les meilleurs graffeurs du monde ont offert à nouveau visage à Papeete

Les meilleurs graffeurs du monde ont offert un nouveau visage à Papeete, la capitale de la Polynésie française, à l'occasion du festival d'art urbain Ono’u
Les meilleurs graffeurs du monde ont offert un nouveau visage à Papeete, la capitale de la Polynésie française, à l'occasion du festival d'art urbain Ono’u - © GREGORY BOISSY - AFP

Les meilleurs graffeurs du monde ont offert toute la semaine passée un nouveau visage à Papeete, la capitale de la Polynésie française, à l'occasion du festival d'art urbain Ono’u, qui s'est achevé dimanche.

Des artistes venus de toute l’Europe, mais aussi des Etats-Unis, d’Australie, de Chine ou encore du Brésil s’affrontent pendant le festival Ono’u (le mélange des couleurs, en tahitien) le concours d’art urbain le mieux doté au monde selon ses organisateurs, avec un prix de 10.000 dollars pour le vainqueur.

Un peu partout sur les murs de Papeete se côtoient des poissons colorés, des dauphins, des enfants polynésiens, de séduisantes vahinés, mais aussi une mamie ourse parée de fleurs, ou des motifs plus abstraits.

Mardi, 27 graffeurs, dont quelques Tahitiens, s’affrontaient dans l’épreuve de lettrage sur les murs d’un stade de foot. Mercredi, ils se mesuraient en créant des personnages sur les murs d’une école. Jeudi, des fresques par équipes.

Mais les œuvres les plus impressionnantes sont celles du concours de fresques murales géantes, réalisées sur quatre jours. Les 12 artistes internationaux sélectionnés pour ce concours disposent de murs de plusieurs centaines de mètres carrés, et proposent des explosions de couleurs parfois visibles à plusieurs kilomètres.

La conceptrice du festival est une jeune Polynésienne formée à Science Po, Sarah Roopinia. Elle veut proposer une nouvelle forme d’expression culturelle, dans des îles où elle est souvent cantonnée aux chants et danses traditionnels. "Tahiti a inspiré beaucoup d’artistes, ça peut donner aussi des choses fantastiques et modernes" s’enthousiasme-t-elle.

"Je suis de New York mais je peins dans le monde entier, j’adapte mon style aux gens que je rencontre, et ici, à la joie de cette île", confie Host18. Un peu plus loin, Nilko, l’un des meilleurs graffeurs français, fascine les enfants en bombant une hydre aquatique.

Les graffeurs s’affrontent dans la bonne humeur et discutent avec les Polynésiens qui admirent leurs œuvres. La plupart ne gagneront rien cette semaine, sauf de la notoriété. "Ils se font connaître grâce aux murs, et peuvent vendre ensuite des toiles", explique Marielle Digard, membre du jury et commissaire-priseur à Paris, spécialisée dans l’art contemporain.

6.000 bombes aérosols seront utilisées au cours de cette semaine, sur une surface cumulée de 5.000 mètres carrés mise à la disposition des artistes.

Le jury du concours est présidé par la photographe new-yorkaise Martha Cooper, connue pour son livre Subway Art, considéré comme la Bible de l’art urbain.

La première édition du festival Ono’u, l’an passé, avait déjà transformé Papeete, à l’urbanisme peu attrayant. Cette deuxième édition, par sa dimension et la qualité des artistes, entraîne une métamorphose plus grande encore.

Chacun apporte son style, mais tente de l’adapter à la Polynésie : ici par des motifs de tatouages marquisiens, là par un truck, le transport en commun local, ou ailleurs par des monstres marins venus des profondeurs de l’océan Pacifique.

Les organisateurs espèrent frapper encore plus fort l’an prochain, en accueillant la star absolue de l’art urbain : Bansky.

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