Les Beaux livres suivent les pas d'Hokusai et d'Utamaro au Japon ou ceux de Stendhal en Italie

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Se délecter des estampes d'Hokusai - L'éditeur Hazan publie une grande monographie sur l'artiste japonais Katsushika Hokusai qui constitue un vrai régal pour les yeux : cet ouvrage propose de très belles planches reproduisant une partie de l'oeuvre abondante du géant de l'estampe japonaise.

L'ouvrage, qui compte 300 illustrations, est imprimé sur du papier imitant le papier de riz, ce qui le rend particulièrement agréable à feuilleter.

L'auteur, Matthi Forrer, conservateur des arts japonais au musée national d'Ethnologie de Leyde (Pays-Bas) et spécialiste d'Hokusai, retrace la longévité artistique exceptionnelle de l'artiste, né à Edo (devenu Tokyo) en 1760 et décédé en 1849. Hokusai a été actif pendant les deux dernières décennies du XVIIIè siècle et la première moitié du XIXè siècle.

Il a innové jusqu'à la fin de sa vie, "ne cessant de se réinventer lui-même", relève M. Forrer. L'artiste a changé plusieurs fois de nom, au fil de ces différentes périodes, analysées de façon pointue par l'auteur et remises dans le contexte artistique de l'époque.

("Hokusai" par Matthi Forrer. Volume relié sous jaquette et coffret. 576 pages et 300 illustrations. 80 euros.)

"Utamaro - Les douze heures des maisons vertes et autres beautés" - Un autre petit bijou autour de l'estampe japonaise édité par Hazan. Son point de départ est une suite de douze planches de Kitagawa Utamaro (vers 1753-1806) autour de la vie des "maisons vertes" pour ne pas dire closes du Yoshiwara, le plus célèbre quartier réservé d'Edo. Au Japon, jusqu'à l'adoption du calendrier grégorien en 1873, la journée comptait traditionnellement douze heures.

A l'heure du Rat, vers minuit, la courtisane revêt sa tenue de nuit pour rejoindre son client. A l'heure du Lièvre, vers six heures, elle tend sa veste à l'homme prêt à retourner chez lui. A l'heure du Singe, vers 16 heures, c'est l'heure de la parade pour les courtisanes de rang supérieur.

Le livre est présenté par Nathalie Vandeperre, conservateur spécialiste du Japon aux musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles. Un des plus beaux exemplaires de cette série de planches d'Utamaro est conservé au musée du Cinquantenaire à Bruxelles.

Hazan présente cette évocation des maisons vertes dans un coffret à lacets, qui contient notamment un portfolio de douze feuillets représentant les douze heures et un livre relié à la japonaise montrant cette série mais aussi d'autres figures féminines d'Utamaro. Le tout est à ouvrir avec délicatesse, sinon tout se mélange.

("Utamaro. Les Douze heures des maisons vertes et autres beautés". Hazan. 38 euros).

Sur les pas de Stendhal en Italie - L'éditrice Diane de Selliers publie les "Voyages en Italie" de Stendhal (1783-1842) illustrés par les peintres du Romantisme, dans la "Petite collection", neuf ans après leur sortie dans la "Grande collection", plus luxueuse.

Fidèle à son concept - exalter un texte de la littérature par des oeuvres de l'époque -, Diane de Selliers relève dans son avant-propos que "l'Italie était pour Stendhal le pays où son âme pouvait flamboyer librement et exprimer toutes les palettes de ses émotions, de ses sensations".

L'ouvrage comprend deux volumes, "Rome, Naples et Florence" (paru il y a un an) et "Promenades dans Rome" (qui vient de sortir) réunis dans un coffret. Il présente plus de 300 reproductions d'oeuvres de la peinture romantique du début du XIXè siècle et près de 50 reproductions de chefs d'oeuvre antérieurs admirés par Stendhal lors de ses promenades.

("Voyages en Italie" de Stendhal. Petite collection. Diane de Selliers Editeur. 312 pages pour le première volume et 480 pages pour le second. 110 euros.)