Le piano de Berlioz a regagné la ville natale du compositeur

Ce piano à queue en bois de palissandre, réalisation du facteur Erard, a été présenté samedi pour la Fête de la Musique à la maison Berlioz, qui abrite un petit musée consacré à l'illustre compositeur romantique.

Sa dernière propriétaire, qui réside en Normandie, voulait s'en débarrasser. Elle avait proposé aux compagnons d'Emmaüs de venir le prendre mais ceux-ci avaient refusé. Elle le proposait alors à la vente sur Le Bon Coin pour 800 euros.

L'annonce suscitait l'intérêt des amateurs et le prix du piano passait rapidement à 10.000 euros. L'instrument est formellement identifié par son numéro de série.

Alerté par le Musée Berlioz, le département de l'Isère réussissait alors à trouver un financement de 55.000 euros, correspondant au prix d'achat et à la restauration de l'instrument par la maison Erard d'Amsterdam.

Mais plus que "le piano de Berlioz", c'était en fait celui de sa deuxième épouse, la cantatrice Marie Recio. Car venu tard à la musique - il se destinait initialement à la médecine, comme son père -, "c'est le seul des grands compositeurs à ne pas avoir été pianiste: il était guitariste", rappelle le directeur du festival Berlioz, Bruno Messina.

Il avait une raison encore plus personnelle de ne pas porter le piano dans son coeur: alors tout jeune lauréat du prix de Rome, il s'était fait voler sa fiancée par un certain Camille Pleyel, patron du facteur de pianos homonyme.