Le Népal, Beyrouth et une prison d'Albanie sur la liste 2016 des sites menacés

Le Palais de Justice de Bruxelles
Le Palais de Justice de Bruxelles - © ERIC LALMAND - BELGA

Cinquante sites de 36 pays, dont une promenade à Beyrouth, une prison en Albanie, Petra en Jordanie et tous les sites culturels du Népal, figurent sur la nouvelle liste des sites menacés publiée jeudi à New York par l'ONG "Fond mondial pour les monuments".

Cette liste, publiée tous les deux ans, est notoirement éclectique: y figurent pour 2016 le Palais de Justice de Bruxelles, le cimetière général de Santiago au Chili, le quartier d'El Vedado à la Havane à Cuba, la ville submergée de Pavlopetri en Grèce, menacée par la pollution, l'Arc de Janus à Rome mais aussi, parmi les "lieux de conscience", l'ancienne prison de Spaç en Albanie.

La liste "World Monuments Watch", lancée en 1996 et établie par un groupe d'experts internationaux, à partir de propositions souvent locales, se veut un appel à agir pour des lieux menacés à court terme, religieux, archéologiques, mais aussi espaces publics, jardins, cimetières, musées...

Ces lieux sont, selon l'ONG, menacés d'abord par le manque d'intérêt et de ressources financières et techniques. Viennent ensuite la pression du développement et, loin derrière, les catastrophes naturelles, les conflits et les pillages.

Volontairement, ses auteurs n'y ont pas inclus la ville antique de Palmyre en Syrie, tombée aux mains du groupe djihadiste Etat islamique en mai, et dont le célèbre Arc de Triomphe a été récemment réduit en poussière.

"Il y a un souci croissant, dans le monde de la préservation, qu'en répondant à ces atrocités de l'EI chaque fois qu'elles se produisent, nous faisons le jeu de leur propagande. Ils ne font ça que pour obtenir l'attention du public", explique Mme Burnham, présidente du Fond. Et "le but de la liste est d'apporter des remèdes", ajoute-t-elle aussi.

D'où l'idée cette année d'ajouter à la liste "le monument anonyme": il rend hommage à "des milliers de sites qui sont détruits, non seulement en Syrie, non seulement en Irak, mais dans tout le Moyen-Orient et au-delà", dit-elle. "Nous ne pouvons pas les nommer tous" et, contrairement au but recherché par la liste, "il n'y a pas d'espoir immédiat de solution".


Belga