Le Musée égyptien de Turin renaît après des travaux pharaoniques

Resté ouvert tout au long des travaux, le bâtiment, conçu au XVIIe siècle pour abriter une école jésuite, a vu sa surface d'exposition quasiment doublée à 12.000 mètres carrés, son bâtiment mis aux normes et assaini et sa présentation interne remaniée de fond en comble, le tout pour un budget de quelque 50 millions d'euros.

Statues de pierre, stèles, momies, sarcophages et papyrus s'alignent, soigneusement mis en valeur. Les vieilles devantures de bois ont cédé la place à des vitrines de verre éclairées par des lampes led.

La visite se déroule désormais sur quatre étages, couvrant une période allant de 4.000 avant JC à 700 après. Elle comporte entre autres nouveautés une galerie de sarcophages anciens et elle permettra aux visiteurs de se promener virtuellement en 3D dans les tombes de hauts dignitaires égyptiens découvertes au début du XXè siècle.

Unique site au monde avec celui du Caire à être entièrement dédié à l'art et à la culture de l'Egypte ancienne, le musée, fondé en 1824, compte environ 32.500 pièces, dont seule une petite partie est exposée.

Une grande partie de son fonds (environ 5.300 objets dont 100 statues, 170 papyrus, des sarcophages et des momies) provient de l'acquisition en 1824 par le roi de Sardaigne Charles-Félix de Savoie d'une partie de la collection d'un compagnon d'armes de Napoléon Bonaparte, le Piémontais Bernardino Drovetti. Refusée par la France, elle fut achetée à grands frais par le roi pour des raisons essentiellement de prestige.

Drovetti accompagna le futur empereur durant sa campagne d'Egypte et il fut promu consul de France dans ce pays. Il se mit à réunir des milliers de pièces antiques égyptiennes, qu'il réussit à transférer en Europe pour les vendre. Une autre partie de sa collection se trouve aujourd'hui au musée du Louvre à Paris.


Belga