Le Grand Palais rend hommage à l'œuvre de Seydou Keïta

Seydou Keïta, "Sans titre", 21 mai 1954
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Seydou Keïta, "Sans titre", 21 mai 1954 - © Seydou Keïta / SKPEAC / photo courtesy CAAC – The Pigozzi Collection, Genève

A partir du 31 mars prochain le Grand Palais accueillera une rétrospective consacrée au Malien Seydoux Keïta, l'une des plus grandes figures de la photographie africaine du XXe siècle. Il s'agit de la toute première exposition du genre.

Près de 300 clichés seront présentés à l'occasion de cette première rétrospective d'ampleur; notamment des photos en noir et blanc modernes signées par le grand maître, ainsi que quelques tirages uniques.

Le photographe africain est devenu célèbre pour la mise en scène de ses portraits. Son succès serait à attribuer aux accessoires qu'il intègre à ses compositions, allant des costumes aux bijoux en passant par des stylos, mais aussi des voitures et des Vespa.

On reconnait aussi son travail à la position légèrement de trois quart ou en pied de ses clients, mais aussi aux fonds de tissu, à motifs décoratifs, qui sont changés au bout de plusieurs années. Il illustre alors toute une société qui aspire, à l'époque de la fin de l'époque coloniale, à la modernité. En effet, les Maliens ne sont plus représentés comme une catégorie de la population, des sujets, mais comme des personnes magnifiées.

Né au début des années 1920 à Bamako, capitale de l'actuel Mali, Seydou Keïta ouvre son studio en 1948. Il a appris la photographie en tant qu'autodidacte, grâce à un appareil offert par son oncle.

C'est dans son salon qu'il exerce son métier. Idéalement situé près de la gare de Bamako, il attire nombre de voyageurs. "Le Tout Bamako venait se faire photographier chez moi : des fonctionnaires, des commerçants, des politiciens", racontait le photographe décédé en 2001. Mais c'est aussi et surtout la jeunesse de la ville que photographiait cet homme devenu photographe officiel du gouvernement malien en 1962.

Considéré comme l'un des grands maîtres de la discipline, rivalisant avec un Richard Avedon ou un August Sander, tous les deux portraitistes. C'est au début des années 1990 que son travail est célébré en Occident.

 

("Seydou Keïta" - du 31 mars au 11 juillet 2016 au Grand Palais à Paris - www.grandpalais.fr)