Le Corbusier et l'image maîtrisée

Le Corbusier à New York, États-Unis, 1959
4 images
Le Corbusier à New York, États-Unis, 1959 - © © FLC Paris/ProLitteris

Figure emblématique du siècle dernier, Le Corbusier a marqué à jamais des générations d’architectes et d’urbanistes. Son héritage, toujours aussi empreint de modernité, se distingue encore dans notre environnement contemporain. Nombre d’expositions ont analysé, montré son œuvre sans pour autant aborder son rapport à l’image, à la photographie. C’est très précisément l’angle choisi par le CIVA.

La photographie non seulement envisagée comme archivage, reproduction de son œuvre architecturale mais aussi comme moyen de diffusion ou de promotion de celle-ci ou encore, comme moyen de recherche artistique et plastique. Le Corbusier était lui-même un photographe acharné. Il a ramené dés ses premiers voyages, de nombreux clichés, des cartes postales, constituant un vaste répertoire iconographique. Au sein duquel, il a puisé pour illustrer ses écrits, nourrir sa création et oui, construire son image.

 

Il est étonnant, dans le contexte de son époque, de constater à quel point, il était déjà tellement conscient de l’importance de celle-ci, de sentir son envie de laisser, outre ses bâtiments, une biographie visuelle et d’en maîtriser totalement la ligne. En être toujours à l’initiative plutôt que subir le regard, l’interprétation des autres.

Au rang des photographes, on trouvera des clichés de Robert Doisneau, de René Burri et de Lucien Hervé, avec qui il développe plus qu’une collaboration. S’établit entre eux une sorte de dialogue dont on ne sait plus trop, qui donne la réplique à qui.

C’est suite à un reportage non publié sur la Cité Radieuse que Lucien Hervé devient le photographe attitré de Le Corbusier. "  Vous avez une âme d’architecte " lui écrit-il. S’ensuit un travail de mémorialiste à forte signature. Des cadrages en plongée, des vues en obliques valorisés par un certain dépouillement et une volonté d’abstraction.

L’exposition, montée à la base, en 2012 par le Musée des Beaux arts de la Chaux de Fonds, pour célébrer le 125ème anniversaire de sa naissance, est particulièrement dense.

Outre les photographies, l’exposition propose également des objets, des peintures, des sculptures, de la correspondance, du mobilier et des livres de Le Corbusier, répartis en 6 thèmes et  articulés autour d’une scénographie soignée. Le premier étage du CIVA, révèle lui, la passion entretenue par Le Corbusier pour les cartes postales.

Mondialement connu, la personnalité de l’architecte suscite encore de nombreux débats entre partisans et détracteurs. Architecte, urbaniste, théoricien, plasticien, Le Corbusier de son vrai nom Charles Edouard Jeanneret-Gris – parce que même ici, il se choisit un nom – a inventé un nouveau langage architecturale mais aussi une façon audacieuse de le diffuser et de le pérenniser.

 

Stéphanie Etienne

En pratique :

Le Corbusier and Photography. Construire l'image

jusqu'au 6 octobre 2013

au CIVA - Centre International pour la Ville, l'Architecture et le Paysage

Rue de l'Ermitage 55 - 1050 Bruxelles

En parallèle, la Galerie Keitelman propose jusqu'au 13 juillet, une exposition sur le travail de Lucien Hervé (la galerie est située Rue Van Eyck, 44 - 1000 Bruxelles)