La prostitution du XIXe siècle mise en images

Henri de Toulouse Lautrec (1864-1901), "Femme tirant son bas", 1894
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Henri de Toulouse Lautrec (1864-1901), "Femme tirant son bas", 1894 - © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

Jusqu'au 17 janvier prochain, le Musée d'Orsay met en lumière le milieu interlope de la prostitution et la fascination exercée par ses actrices sur les artistes du Second Empire jusqu'à la Belle Époque.

Toute première exposition à explorer cette thématique en France, "Splendeurs et mises, Images de la prostitution", se focalisera sur les différents moyens utilisés pour illustrer ce milieu secret, que l'on appelait alors à l'époque "un mal nécessaire", à travers la peinture, la sculpture, mais aussi d'autres médias novateurs comme la photographie ou le cinématographe.

Seront évoqués les différents lieux associés à la prostitution, à commencer par la maison de tolérance, qui fascine nombre de peintres, comme Edgar Degas, Constantin Guys, et bien sûr, le célèbre Toulouse-Lautrec, indissociable des nuits parisiennes du XIXe siècle. Ce lieu est plus fantasmé que réellement observé. Les artistes mettent en scène un bordel à l'atmosphère fiévreuse, mais aussi la vie des femmes avant la venue du client. Quant aux photographes, ils composent, pour ceux qui ne peuvent accéder à ces lieux interdits, des clichés où des salons et boudoirs du Second Empire sont reconstitués.

La prostitution s'étend aussi sur des boulevards, à l'opéra, dans les cafés ou les brasseries. Ce monde, moins encadré que les maisons closes, fera aussi l'objet de toiles, dont des portraits de femmes, associant mélancolie et ivresse, notamment chez Édouard Manet et Vincent Van Gogh.

Difficile enfin d'évoquer la prostitution dans l'art sans raconter les courtisanes, qui ont immortalisé leur réussite sociale à travers des portraits peints, sculptés ou encore des photographies. Une réussite qui se manifeste aussi à travers des toilettes et des hôtels particuliers somptueux. Des femmes puissantes qui font rêver car incarnant de vrais modèles pour les jeunes danseuses et actrices, mais aussi véritables prescriptrices de mode pour la haute société. Celles-ci sont alors représentées à travers des œuvres allégoriques de Gustav Adolf Mossa ou Félicien Rops.

Un univers à la fois sinistre et joyeux qui inspira leurs plus grandes œuvres aux plus grandes figures du début du XXe siècle, comme Edvard Munch, Pablo Picasso ou Maurice de Vlaminck.

L'expo sur le site du Musée d'Orsay: www.musee-orsay.fr

 

("Splendeurs et misères, images de la prostitution", 1850-1910, jusqu'au 17 janvier 2016 au Musée d'Orsay, à Paris)