La Piscine à Roubaix expose l'Algérie de Gustave Guillaumet

L'Algérie de Gustave Guillaumet à la Piscine à Roubaix : Le Labour, frontière du Maroc (1869)
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L'Algérie de Gustave Guillaumet à la Piscine à Roubaix : Le Labour, frontière du Maroc (1869) - © RTBF Pascal Goffaux 2019

La Piscine à Roubaix présente la première rétrospective consacrée à Gustave Guillaumet depuis 1899.

Guillaumet est un peintre français né à Puteaux en 1840 dans une famille bourgeoise et décédé à Paris en 1887. Il découvre par hasard l’Algérie en 1862 alors qu’il désire embarquer pour l’Italie. Il devient au cours de ses dix ou onze séjours un chroniqueur sensible qui relate la vie des habitants au premier temps du joug colonial. Il peint La Razzia dans le djebel Nador. Le peintre qui circule sous escorte militaire ne dissimule pas son empathie envers la population. La famine en Algérie (1868) montre les conditions de vie miséreuse du peuple.

Le langage naturaliste de Guillaumet annonce l’ère du photojournalisme par une approche frontale du réel. L’influence d’Eugène Delacroix est sensible. Peintre ethnographe, il livre des scènes d’intérieur et représente la femme algérienne dans son quotidien, sans céder aux clichés de l’exotisme. Il renouvelle ainsi les thèmes de la peinture orientaliste, oscillant entre l’observation scrupuleuse de la réalité et la retranscription allégorique des scènes de vie. La lumière crépusculaire qui enveloppe Le Labour évoque la dureté des travaux des champs dans l’œuvre de Jean-François Millet et ouvre une fenêtre sur le paysage. Epris des grands espaces, Gustave Guillaumet peint Le Sahara, dit Le Désert (1868), minéral et surréel ou surréaliste avant la date. La carcasse d’un chameau est la figure énigmatique de ce tableau minimaliste.

Aux cimaises, cent trente œuvres, entre scènes de genre et peintures d’histoire, à voir jusqu’au 2 juin.

plus d'infos sur le site de la Piscine

L'interview de Marie Gautheron, historienne d’art, commissaire de l'exposition