La photo vernaculaire

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La photo vernaculaire est appréciée aux Etats-Unis. Les grands musées, le MOMA en tête, conservent des collections importantes de ces clichés pris par des photographes anonymes, des amateurs dont les images sont dispersées sur des marchés aux puces. En Belgique, ce "courant" de l’histoire de la photo n’est pas encore reconnu.

La Galerie Sébastien Janssen présente une exposition de photos d’anonymes sorties de l’exceptionnelle collection de Thierry Struvay. Il a glané ces photos Kodak et polaroïds sur les marchés aux puces new yorkais. En Belgique, la vieille boîte à chaussures conserve la mémoire familiale. A New York, le rapport à l’image est désacralisé et décomplexé.

 

 

Un classique de la photo vernaculaire est le mooning. Le mooning est l’acte de montrer ses fesses en baissant ses vêtements et en se penchant en avant. Le collectionneur a choisi de montrer d’autres images moins connues. La vie privée est parfois étalée dans des clichés et le corps est exhibé sans vergogne dans des images à l’intérêt sociologique évident. Thierry Struvay ne se dit pas artiste, mais en sortant de l’oubli, ces vieux clichés des années 30 aux années 80, il leur donne une visibilité et devient le recréateur de ces images. Il ouvre sans doute un carnet intime, mais c’est New York qui s’y donne à lire. Eclairant la banalité du quotidien, les photos activent notre regard contemporain sur une époque révolue. Présentées dans une galerie d’art contemporain, sous forme d’installation, les 116 plaques de verre qui enchâssent les images animent l’imaginaire du regardeur, parfois voyeur.

La photo est médiumnique. Elle convoque les esprits, du modèle et du photographe, et célèbre les noces du regard et du désir.

 

A découvrir à la galerie Sébastien Janssen, 67 rue de la Régence - Bruxelles jusqu’au 26 mars.

 

Interview de Thierry Struvay par Pascal Goffaux.