La mode fait son entrée dans le musée Google

La mode fait son entrée dans le musée Google
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La mode fait son entrée dans le musée Google - © Google Art & Culture / We Wear Culture

La plateforme Google "Arts & Culture" élargit sa vision de l’art en lançant un espace numérique entièrement dédié à la mode, au sein duquel la Belgique joue un rôle significatif.

Les objectifs de cette nouvelle plate-forme intitulée We Wear Culture ?
Rassembler trois millénaires d’histoire de la mode et valoriser ce patrimoine en réunissant un nombre important d’objets numérisés. De cette manière, le géant américain met à portée de clic des objets parfois oubliés et tend à révéler de nombreux secrets.

Google Arts & Culture, un projet de longue haleine

C’est en 2011 que Google lançait Arts & Culture, une initiative remarquable rendant la culture accessible gratuitement à des millions d’internautes. Ce projet est issu d’une collaboration colossale avec les plus grands musées et fondations du monde, du MET au musée de l’Ermitage, en passant par le Château de Versailles. Sur ce site qui attire plus de 40 millions de visiteurs uniques par an, on peut consulter un nombre incalculable d’œuvres d’art, de toutes les époques et de tous les horizons : les manuscrits de Qumrân y côtoient par exemple les vidéos de l’artiste contemporain américain Bill Viola.

Une ouverture vers la mode

Si jusque là Google ne se concentrait uniquement sur les formes artistiques dites classiques, la mode est enfin à l’honneur de ce projet. Encouragé par la popularité croissante des expositions sur la Haute Couture, le service s’est aujourd’hui ouvert à la mode en s’association avec près de 200 institutions culturelles de quarante pays du monde. Le Metropolitan Museum of Art’s Costume Institute de New York, le Victoria & Albert Museum de Londres ou le Costume Institute de Kyoto sont allés fouiller dans leurs réserves pour partager des ouvrages encore jamais dévoilés.

Ce travail participatif aboutit donc à une base de données gigantesque, dotée d’un outil de recherche puissant. Le visiteur est invité à effectuer des recherches par créateur, par époque, par couleur et même par matière. On peut alors y retrouver des milliers d’habits et d’étoffes qui ont été numérisés en très haute qualité, offrant ainsi la possibilité de zoomer sur chaque détail pour tout admirer de plus près.

We Wear Culture est donc une ressource idéale pour tous les initiés dans le domaine de la mode, tels que les étudiants ou les professionnels. Mais le projet cherche également à s’ouvrir aux novices, à chaque individu enthousiaste face à la culture en général.

Pour cela, une grande partie du site mise sur une véritable expérience immersive. Les internautes sont invités à visiter les musées comme s’ils déambulaient dans les couloirs et peuvent visionner les objets en 360°.

Et la Belgique dans tout ça ?

Impossible de passer à côté de la Belgique quand il s’agit de mode !
Riche de son histoire dans le domaine, Anvers abrite l’une des communautés les plus dynamiques : dès le Moyen-Âge, la ville était le centre d’une industrie textile puissante, notamment célèbre pour sa maîtrise de la dentelle. Et aujourd’hui, "surréalisme", "avant-gardisme" et "explicite" sont les maîtres mots de la mode contemporaine belge, incarnée par des créateurs à reconnaissance internationale.

Indispensables, le MoMu (Musée de la Mode) et l’Académie Royale des Beaux Arts d’Anvers ont donc contribué à We Wear Culture en proposant plusieurs expériences muséales virtuelles.

D’un côté, le MoMu offre une plongée dans l’histoire de la mode anversoise, où l’on peut notamment scruter un chef-d’œuvre de dentelle datant du 18e siècle dans les moindres détails : "Grâce à la résolution incroyable de cette image, il est possible de zoomer sur chaque détail de la composition et admirer de près tous les symboles de fertilité qui s’y cachent, tels que les palmiers, les papillons, les fleurs et les fruits" explique Kaat Debo, la directrice et conservatrice en chef du musée.

Le musée a aussi mis en ligne une présentation des Six d’Anvers, en revenant sur la genèse du groupe de créateurs qui révolutionna la scène internationale avec ses vêtements audacieux, situés à l’encontre de l’élitisme parisien de leur époque.

Est également proposée une visite virtuelle de l’exposition Game Changers qui questionne les transformations des silhouettes par la mode du 20e siècle.

De l’autre côté, l’Académie des Beaux Arts nous projette dans le futur en offrant un aperçu de la mode de demain. À travers une sélection de photographies, de créations et de dessins préparatoires, les internautes sont invités à découvrir les travaux des étudiants en Master de l’année passée. À ce sujet, l’enthousiasme de Koen De Smet, chargé de projet à l’académie, se fait ressentir : "la nouvelle forme de narration qu’offre cette plate-forme, particulièrement immersive, nous va comme un gant : vous aurez l’impression d’être plongé dans le récit.".

Ainsi, les qualités de We Wear culture sont multiples. Le projet propose d’abord un travail d’archivage pour des expositions qui n’étaient jusqu’alors restituées qu’à travers le papier glacé des catalogues. Il permet également une ouverture à un public plus large "en ligne, nous pouvons partager de façon captivante nos expositions et collections historiques et contemporaines avec le public, et notamment ceux qui ne peuvent pas se rendre directement à Anvers" explique Kaat Debo. Et même de proposer du contenu inédit, "nous prévoyons d’agrandir le musée en 2020 avec une présentation permanente de notre collection. Ce contenu en ligne donne un avant-goût de ce qui pourra être présenté dans ce nouvel espace. Nous souhaitions partager quelques exclusivités sur cette plate-forme".

Google réussit totalement à démontrer que la mode fait partie intégrante de la culture et ne se résume pas simplement à une activité commerciale. Tout est mis en œuvre pour placer au premier plan l’histoire de cette forme artistique, le savoir-faire des créateurs et les liens qui existent entre la mode, l’art et la musique (tels que nous pouvons le voir dans la partie consacrée au mouvement punk, dont s’est inspirée Vivienne Westwood). "La mode est une forme de culture et – bien plus souvent qu’on ne le croit – une forme d’art." explique Amit Sood, Directeur de Google Arts & Culture.

Avec We Wear Culture, Google met à disposition un moyen d’expérimenter les nouveaux modes d’expositions muséaux, en immergeant toujours plus l’internaute au cœur de la matière artistique, tout en proposant des interactions et en assurant une évolution temporelle de l’art, sous toutes ses coutures !