La CPI tiendra un procès pour les destructions de mausolées à Tombouctou

Mausolée d'Alpha Moya, à Tombouctou
Mausolée d'Alpha Moya, à Tombouctou - © AFP/SÉBASTIEN RIEUSSEC

Les juges de la Cour pénale internationale ont confirmé jeudi l'inculpation de crime de guerre portée contre un djihadiste malien présumé lié à Al-Qaïda pour la destruction de mausolées protégés par l'Unesco à Tombouctou en 2012.

Cette décision renvoie Ahmad Al Faqi Al Mahdi "devant une chambre de première instance", a assuré la CPI dans un communiqué, ce qui ouvre la voie à un procès.

"La chambre a jugé que les preuves présentées par le procureur étaient suffisantes pour donner des motifs substantiels de croire Ahmad Al Mahdi pénalement responsable de la commission du crime de guerre que lui reproche le Procureur", a ajouté la Cour.

L'accusé, le Touareg Ahmad Al Faqi Al Mahdi, est le premier djihadiste écroué par la CPI. Selon l'accusation, il a été l'un des chefs d'Ansar Dine, un groupe islamiste malien radical associé à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Selon la défense, l'accusé est "un intellectuel instruit soucieux du bien collectif". "Il ne s'agit pas d'attaquer des tombeaux mais de mettre en oeuvre des moyens qui visent à libérer les tombeaux d'éléments qui ont été construits sur ceux-ci", avait assuré Jean-Louis Gilissen lors de l'audience de confirmation des charges.

Son client est le premier suspect arrêté dans l'enquête de la Cour sur les violences de 2012-2013 au Mali et le premier poursuivi par la CPI pour destructions d'édifices religieux et monuments historiques.


Belga