L'Unesco appelle à lutter contre l'"épuration culturelle" menée par les djihadistes

Irina Bokova, directrice générale de l'Unesco, lors d'une conférence de presse à Paris, le 23 juin 2015
Irina Bokova, directrice générale de l'Unesco, lors d'une conférence de presse à Paris, le 23 juin 2015 - © ERIC PIERMONT - AFP

La directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, a appelé mercredi à Londres à lutter contre la "stratégie d'épuration culturelle" menée par les extrémistes de l'organisation de l'État islamique (EI) et à faire de la culture un outil de lutte contre eux.

"Les destructions du patrimoine par les extrémistes ne sont pas des dommages collatéraux. Les extrémistes ciblent systématiquement le patrimoine pour frapper le cœur et les racines des sociétés", a estimé Mme Bokova lors d'une conférence à l'institut Chatham House, voyant là une "stratégie d'épuration culturelle".

Plusieurs sites archéologiques ont été pris pour cibles par les djihadistes de l'EI. Ils ont récemment miné la célèbre cité antique de Palmyre, faisant craindre un désastre pour ce site inscrit au Patrimoine mondial de l'humanité.

"La culture a toujours été victime de la guerre mais ce que nous voyons aujourd'hui est sans précédent, par son ampleur et sa nature. Cela requiert une nouvelle approche, de nouvelles politiques et un nouveau type de coopération au sein de la communauté internationale", a plaidé la directrice générale de l'Unesco.

"Je crois que la prise de conscience que le 'hard power' ne sera pas suffisant pour vaincre l'extrémisme violent, gagne du terrain. Nous avons aussi besoin de 'soft power'", a-t-elle ajouté, soulignant que "la culture devrait faire partie de notre réponse à l'extrémisme violent".

L'Unesco, qui tient jusqu'au 8 juillet à Bonn (Allemagne) la 39e session de son Comité du patrimoine mondial, a lancé une campagne intitulée "Unite4Heritage" visant à défendre le patrimoine menacé par les extrémistes mais aussi à contrer leur propagande.


Belga