L'inspiration mexicaine de Josef Albers s'expose au Guggenheim de New York

Josef Albers, "Untitled (Grande Pyramide, Tenayuca, Mexique)", vers 1940
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Josef Albers, "Untitled (Grande Pyramide, Tenayuca, Mexique)", vers 1940 - © 2017 The Josef and Anni Albers Foundation / Artists Rights Society (ARS), New York

Le musée Guggenheim de New York va examiner la relation qu'entretenait l'artiste allemand Josef Albers avec l'art pré-colombien dans le cadre de l'exposition "Josef Albers in Mexico".

Originaire de Bottrop, en Allemagne, Josef Albers (1888-1976) s'est fait un nom dans les domaines de la peinture abstraite, de l'architecture et du design, mais a surtout enseigné à la célèbre université du Bauhaus dans les années 1920/1930.

Cette exposition permettra de découvrir certaines de ses premières peintures, ainsi que les séries emblématiques "Homages to the Square" et "Variants/Adobe" sans oublier des oeuvres sur papier.

Cette présentation fera aussi la part belle aux photographies et photocollages de l'artiste, la plupart sont inédits. En effet, la photographie est peut-être l'aspect le moins connu de l'oeuvre de Josef Albers, bien qu'il ait pris de nombreux clichés au cours de ses fréquentes visites de sites archéologiques. Il a voyagé au Mexique et dans d'autres pays d'Amérique Latine plus d'une douzaine de fois entre 1935 et 1967, accompagné de son épouse Anni Albers. Cette dernière était aussi une artiste à part entière, ses oeuvres sont actuellement exposées au Guggenheim de Bilbao, en Espagne. L'objectif de ces voyages était de visiter des monuments de l'ancienne Mésoamérique et de découvrir ses vestiges pré-colombiens, à une période où les archéologues s'intéressaient beaucoup à l'art et la culture de cette région.

Au cours de chacune de ses visites, Josef Albers a pris des centaines de photos en noir et blanc des pyramides, autels et autres sanctuaires de ces sites, en regroupant souvent plusieurs images de différentes tailles sur de grands formats. Les photocollages qui en résultèrent soulignent l'importance de la notion de série dans l'oeuvre globale de l'artiste.

Ces collages montrent aussi le lien qu'il existe entre le design géométrique des monuments pré-colombiens et les oeuvres abstraites emblématiques d'Albers tant sur papier que sur toile. Plusieurs de ses toiles abstraites ont même été intitulées d'après des sites archéologiques mexicains. La présentation du Guggenheim souligne ces résonances formelles entre l'oeuvre de l'artiste allemand et les sites anciens.

Le catalogue illustré de l'exposition comprend des écrits d'Albers et une carte illustrée décrivant les différents voyages du couple.

L'héritage pédagogogique de Josef Albers - élément essentiel de sa pratique de son vivant - sera mis en lumière par des programmes publics, avec notamment des ateliers sur sa théorie de l'interaction des couleurs développée en 1964.

"Josef Albers in Mexico" est visible au musée Guggenheim de New York su 2 novembre 2017 au 18 février 2018.