L’exposition "Bowie Odyssée" au Palace de Paris, son œuvre à travers des objets

Une pochette espagnole à l’accroche surréaliste, une effigie publicitaire retirée pour une allusion à la drogue : l’exposition sur David Bowie au Palace à Paris est un coffre aux trésors.

L’homme derrière Ziggy Stardust, décédé il y a cinq ans, ne s’est jamais produit sur la scène du Palace mais avait foulé au sous-sol le dancefloor de cet épicentre des nuits parisiennes des années 1980.

La première exposition organisée dans ce lieu, visible jusqu’au 31 août, impressionne avec des objets rares autour de Bowie amassés au fil des décennies par deux collectionneurs fans acharnés, Jean-Charles Gautier et Yves Gardes.

Un exemple de la débrouillardise du premier ? "En 1975, il va dans le quartier d’origine de Bowie à Londres, se fait passer pour son cousin à l’administration et demande un acte de naissance de David Robert Jones, nom du musicien à l’état civil", raconte tout sourire à l’AFP Eric Tandy, commissaire de l’exposition "Bowie Odyssée". Ce document inédit s’offre aux visiteurs peu après l’entrée.

Il n’y a qu’une poignée de doux dingues dans le monde, ces chercheurs d’or autour de Bowie. "A New-York, Jean-Charles est grimpé au fronton d’un théâtre de New-York pour décrocher l’affichette de la pièce "The Elephant Man" où jouait Bowie, beaucoup d’objets ont une petite histoire, ont été "chopés" de façon incroyable", poursuit Eric Tandy.

Et puis il y a ce David Bowie de carton, en noir et blanc, quasi-grandeur nature, nu sous une combinaison d’aviateur, rapidement ôté du circuit promotionnel. "Il tient un verre de lait à la main, cette couleur blanche ça symbolise pour lui la cocaïne, alors quand la maison de disques apprend qu’il y a un message caché, c’est vite retiré", confie malicieusement à l’AFP Ludovic Chazalon, l’autre commissaire.

Jean-Charles Gautier a ratissé large, puisqu’on trouve même une écharpe façon club de foot imprimée du visage du créateur de "Space Oddity" ou encore une publicité pour un lunettier de Barcelone.

Yves Gardes s’est lui spécialisé dans les pochettes de disques, notamment les 45 tours, ces singles dont la pochette et le design pouvaient varier suivant les pays. On voit dans l’exposition des spécimens épicés du Japon et des perles européennes, comme cette couverture espagnole avec l’accroche commerciale délicieusement rétro, "le pouvoir de la musique jeune".

Le pouvoir d’attraction de Bowie est ici patent. "Qu’un seul homme ait donné lieu à autant de déclinaisons, il y a même une poignée de porte avec sa tête, ça me sidère", conclut Eric Tandy.