L'enquête au coeur de la 47e édition des Rencontres photographiques d'Arles

47e édition des Rencontres photographiques d'Arles
47e édition des Rencontres photographiques d'Arles - © All Rights Reserved

La guerre, la vie urbaine ou la disparition d'opposants politiques sud-américains racontées sous la forme de documentaires visuels figurent au programme des Rencontres de la photographie d'Arles, organisées du 4 juillet au 25 septembre, présenté mercredi à Arles (Bouches-du-Rhône).

"Les temps sont lourds, la période est difficile, nous avons voulu à travers le programme non pas commenter, ou témoigner, l'actualité directe, mais prendre le temps de réfléchir sur le monde qui nous entoure", a annoncé le directeur du festival, Sam Stourdzé, en détaillant la programmation de la 47e édition dans le salon d'honneur de l'hôtel de ville d'Arles.

La séquence Après la guerre raconte "nos guerres et leurs conséquences" à travers le tour du monde des champs de bataille de Yan Morvan, le cheminement le long de la ligne Maginot d'Alexandre Guirkinger ou l'interprétation par les artistes de l'image des tours jumelles attaquées le 11 septembre 2001 à New-York.

Le photographe anglais Don McCullin, qui a couvert les plus grands conflits du XXe siècle, raconte, lui, "tout sauf la guerre, qu'est-ce que fait un grand photographe de guerre avant de photographier la guerre ou après", a résumé M.Stourdzé.

Plutôt qu'une thématique générale, le festival se décline en "trois ou quatre sujets qui se répondent les uns les autres pour former une espèce de radioscopie, un état de lieux de la création contemporaine", a expliqué en préambule le directeur.

La thématique Street est dédiée à la photographie de rue, revisitée par des photographes contemporains ou du siècle dernier avec notamment Peter Mitchell et Edmond Doyle qui explore le premier une ville anglaise désindustrialisée, le second un quartier de Dublin (Irlande) à la manière d'une enquête photographique.

L'approche documentaire est très présente dans l'édition 2016 du festival international qui proposera, du 4 juillet au 25 septembre, une quarantaine d'expositions avec 137 artistes dans différents sites de la ville.

Dans la section Les plateformes du visible, le photographe devient un détective qui explore les archives pour livrer une enquête photographique, à la manière de Joao Pina, qui, avec Opération Condor, revient sur la disparition de 60.000 opposants politiques en Amérique-du-Sud.

Cette édition, dédiée à l'écrivain Michel Tournier, décédé en janvier et l'un des fondateurs du festival en 1970, emmènera, avec le Grand Arles express, le public dans trois lieux d'exposition délocalisés : à la collection Lambert d'Avignon, au musée Carré d'Art à Nîmes, ainsi qu'à la Villa Méditerranée à Marseille.

En 2015, la première édition pilotée par Sam Stourdzé et l'ancien ministre Hubert Védrine, président, a accueilli 93.000 visiteurs.