"L'art dégénéré" saisi par les nazis devrait être restitué aux musées (commission)

"Une bonne solution serait de les rendre aux musées auxquels ils ont été soustraits pendant la période nazie", a déclaré Jutta Limbach, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle allemande, dans une interview au quotidien Süddeutsche Zeitung.

Selon Mme Limbach, ce conseil pourrait s'appliquer aux institutions publiques qui les détiennent actuellement mais il n'est "pas aussi simple" de l'étendre aux collectionneurs privés 76 ans après la loi de 1938 permettant la confiscation sans indemnité des oeuvres relevant de l'"art dégénéré" ("Entartete Kunst").

Très complexe, la restitution des oeuvres spoliées sous le IIIe Reich, qui va bien au-delà des artistes "dégénérés", se heurte à des problèmes de prescription légale, d'identification des oeuvres concernées, de preuve de la spoliation et de recherche des ayants droit.

Le terme "art dégénéré", qui s'oppose à "l'art héroïque" célébré par les nazis, désigne pêle mêle les styles dadaïste, cubiste, surréaliste, futuriste, impressionniste, fauve ou abstrait, visant des peintres comme Otto Dix, Max Ernst, Vassily Kandinsky, ou Edvard Munch.

Les nazis en ont fait une cible à partir de 1937 en organisant pendant six mois une vaste exposition à Munich, invitant le public à comparer plus de 700 oeuvres d'avant-garde, choisies parmi 20.000 tableaux saisis dans les musées, aux productions de malades mentaux.

Instituée en 2003, la commission Limbach est chargée d'arbitrer les conflits entre héritiers d'oeuvres confisquées par les nazis et institutions publiques, mais son avis est consultatif et son travail très lent.


Belga