Kiev veut créer un "musée de l'occupation soviétique"

Statue de Lénine entourée du drapeau ukrainien à Slavyansk, dans la région de Donetsk, en Ukraine
Statue de Lénine entourée du drapeau ukrainien à Slavyansk, dans la région de Donetsk, en Ukraine - © SERGEI SUPINSKY - AFP

Le conseil municipal de Kiev a approuvé jeudi la création d'un "musée de l'occupation soviétique" en plein air, au risque de provoquer de nouvelles tensions avec Moscou.

Une majorité de 78 élus municipaux - sur un total de 120 - ont voté, selon les médias, en faveur de cette décision, qui vient après une série de lois sur la "décommunisation" du pays déjà adoptées par le Parlement ukrainien.

Les autorités de la capitale ont indiqué examiner trois sites pouvant abriter ce nouveau musée, notamment l'espace autour de la gigantesque statue de la "Mère-patrie". Érigée à l'époque soviétique sur une colline dans le centre historique de Kiev, celle-ci représente une femme avec un glaive et un bouclier et fait partie d'un complexe mémoriel de la Seconde Guerre mondiale.

Le "musée de l'occupation" accueillera notamment des monuments et symboles soviétiques, qui doivent être supprimés des espaces publics du pays aux termes des lois controversées sur la "désoviétisation" de l'Ukraine adoptées en avril dernier, a indiqué Oleg Gariaga, un élu du conseil municipal.

"Il faut procéder prudemment au démontage des symboles de l'époque soviétique, dont beaucoup (...) ont une valeur architecturale et culturelle", a-t-il souligné.

Le ministre ukrainien de la Culture avait déjà proposé en avril de créer un "musée du totalitarisme" pour y rassembler notamment des symboles communistes après leur démontage. Il faut que "chaque visiteur puisse se rendre compte de l'échelle des crimes du régime communiste totalitaire contre le peuple ukrainien", avait alors déclaré le ministre Viatcheslav Kirilenko.

Ex-république d'URSS aux portes de l'Union européenne, l'Ukraine a perdu pendant la période soviétique des millions de personnes, notamment lors de la grande famine des années 1932-1933.

Elle s'efforce depuis l'arrivée au pouvoir d'autorités pro-occidentales de rompre avec son passé soviétique sur fond d'un conflit armé avec les séparatistes prorusses dans l'Est du pays, précédé par l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en mars 2014.

Ville de 2,8 millions d'habitants, Kiev dispose déjà d'un très petit "musée de l'occupation soviétique", ouvert par une branche de l'ONG pour la défense des droits de l'homme Memorial, mais celui-ci ne reçoit aucun soutien financier de l'État. Son ouverture en 2007 avait suscité des protestations de Moscou, qui l'avait qualifié d'"insulte".


Belga