Josep Riera i Arago, à la Fondation Folon à La Hulpe

Orange Submarine de Riera i Arago
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Orange Submarine de Riera i Arago - © Sabam 2014

Né en 1954 à Barcelone, Riera i Arago est l'un des artistes contemporains les plus éclectiques. Oeuvres monumentales en extérieur et installations féériques dans les murs de la fondation, Josep possède cette faculté d'occuper l'espace en proposant un nouveau langage, tout en spontanéité.

Rencontre avec Pierre-Paul Fièvé, il est chargé de communication et s'est arrêté sur l'oeuvre Oange Submarine :

"C'est une oeuvre légère et suspendue, composée de 2 221 petits sous-marins orange, qui mis ensemble par un système de fils métalliques verticaux, forment un sous-marin en trois dimensions, autour duquel on peut circuler, et qui donne l'impression de bouger. Les enfants eux, s'installent en-dessous et regardent, parce qu'il y a trois dimensions, et que c'est proche de ce qu'ils voient sur leur ordinateur.

Il y a deux éléments très importants chez lui, c'est l'eau et l'air et le sous-marin fait référence à ce milieu aquatique qu'on retrouve dans l'exposition. La forme oblongue, parfois redressée et transformée en hélice, a quelque chose d'humain.

Ses oeuvres sont souvent faites de plusieurs petites oeuvres, et cela forme une unité dans la diversité. Une répétition qui va dans un sens et qui donne énergie et force; et on sent de l'énergie se dégager des oeuvres de l'artiste.

Considérez-vous que nous sommes entre la sculpture et l'installation ?

Nous ne faisons pas de distinction, mais c'est une installation effectivement, puisque nous avons dans cette pièce, trois éléments constitués de petites formes, qui sont l'un suspendu au plafond, l'autre posé sur le sol et le troisième accroché au mur. Ce sont donc trois installations et on pourrait dire que ce qui est accroché au mur est plus classique, ce qui n'est pas le cas, puisque les matériaux sont très contemporains. Ce sont des métaux; des oeuvres qui pèsent un certain poids et qu'il faut pouvoir manipuler. Arriver à arracher à toute cette inertie du métal, quelque chose de léger et qui a du mouvement.

C'est très léger, on a le sentiment que l'oeuvre s'envole ?

C'est très léger et c'est très apaisant. Les enfants s'y retrouvent également, ils entrent dans la salle d'exposition temporaire avec beaucoup d'énergie, regardent un peu les oeuvres et rapidement sont submergés par l'émotion. Ils regardent et ont le sentiment d'être dans un milieu aquatique ou aérien. Ils regardent avec de la poésie et plein de tendresse aussi.

C'est quelqu'un qui a des préoccupations écologiques ?

Oui c'est récurrent chez Josep, il emploie beaucoup de métaux oxydés ou tordus, du bois dont on sent la fibre, et il récupère ces matériaux parce qu'ils ont une mémoire, à la fois naturelle et humaine. Et aussi ça nous rappelle qu'on est issu d'une planète dont les ressources sont limitées. Sans que cela soit un discours.

Christine Pinchart

Josep Riera i Arago, à la Fondation Folon à La Hulpe jusqu'au 9 novembre.