Jennifer Flay, directrice de la Fiac : "Les artistes travaillent pour le grand public, pas pour une minorité"

La Fiac se tiendra du 23 au 26 octobre
La Fiac se tiendra du 23 au 26 octobre - © ©©M/M (Paris) Utilisation réservée

Du 23 au 26 octobre 2014, Paris vivra au rythme de la Fiac, la Foire internationale d'art contemporain. A cette occasion, Relaxnews a rencontré sa directrice, Jennifer Flay.

Comment présenteriez-vous la Fiac à quelqu'un qui ne s'y connait pas en art ?

C'est un rassemblement de 191 galeries d'art dont les meilleures du monde, toutes générations confondues, qui montrent des œuvres qui peuvent être d'aujourd'hui, mais également du début du XXème siècle. On peut découvrir aux Docks-Cité de la mode et du Design, (Off)icielle, qui est un nouvel événement de la FIAC dédié aux artistes émergents et à la découverte. C'est aussi l'occasion d'admirer dans le Jardin des Tuileries, dans le Jardin des Plantes, sur la place Vendôme, sur les berges de Seine des œuvres d'art dans l'espace public, données à voir en libre accès à tous.

Et puis, il y a aussi la nocturne des galeries. Le jeudi soir, elles seront ouvertes jusqu'à 22h passées, à tous les Parisiens, Français et étrangers.

Pensez-vous que la Fiac soit un événement fait uniquement pour les professionnels ?

C'est accessible à tout le monde. Le grand public doit savoir que les artistes travaillent pour eux et pas pour une minorité de personnes qui auraient des clefs particulières ou les moyens d'acquérir leurs œuvres. L'artiste travaille pour tout le monde. L'émotion d'une œuvre d'art peut se ressentir sans être un spécialiste.

Une tendance se dégage-t-elle de cette édition ?

Avec une foire comme la Fiac, qui couvre une période historique importante, nous ne sommes pas dans la domination d'un courant unique. C'est d'autant plus facile de rencontrer des œuvres avec lesquelles on va pouvoir interagir.

Avez-vous des pièces fortes en tête ?

Il va y avoir sur le stand Neugerriemschneider (une galerie berlinoise, ndlr) une installation spectaculaire faite de lumières d'un artiste danois, Olafur Eliasson. La galerie Anne de Villepoix présentera une œuvre intrigante de l'artiste Fluxus historique Wolf Vostell, réalisée à partir d'une accumulation d'aspirateurs. Sinon hors les murs, il y aura l'installation de Didier Marcel au Jardins des Plantes, qui a pu être réalisée grâce au soutien de Swarovski. Des boules de cristal s'étendent comme une toile d'araignée. C'est une œuvre vraiment poétique.

Quelles sont les grandes nouveautés de cette année ?

Il y a la création d'(Off)iciel à la Cité de la Mode et du Design, grâce à qui nous nous étendons dans Paris. Cela renforce notre présence dans la ville. Pour moi, ce qui fait sens, c'est la situation des différents sites le long de la Seine.

Nous allons d'ailleurs mettre en place des navettes fluviales gratuites pour toute personne détenant un titre d'accès pour la Fiac. Des bateaux navigueront et permettront de faire la liaison entre le Grand Palais et la Cité de la Mode et du Design. Elles pourront s'arrêter aux Tuileries, à l'Ecole des Beaux-Arts, au Jardin des Plantes. C'est une jolie chose qui inscrit la Fiac dans sa ville d'attache, qui est Paris.

Aussi, le contexte culturel dans lequel aura lieu cette édition sera exceptionnel cette année. Le Musée Picasso sera ouvert au public, tout comme la Fondation Vuitton. Il y a aussi l'Hôtel de la Monnaie qui sera rouvert avec une exposition de Paul McCarty autour de l'idée d'une usine de chocolat. Il y  aura d'ailleurs un écho de son exposition sur la place Vendôme. Mais je ne vous en dis pas plus.

Vous êtes directrice depuis 2010. Comment avez-vous vu évoluer la Fiac ?

Ce n'est plus du tout la même chose. En 2003, Beaux-Arts Magazine avait titré en couverture, pour les 30 ans de la manifestation : "Fiac anniversaire ou enterrement ?". C'était moribond, cela n'intéressait plus tellement les Parisiens et encore moins le reste du monde. Aujourd'hui, la Fiac est considérée comme l'un des événements les plus importants du monde. C'est une foire qui a gagné en qualité. Une foire qui marque, c'est une foire qui rassemble des œuvres qualitatives, bien présentées par des galeries importantes dans de bonnes conditions.

 

AFP Relax News

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