Henri Cartier-Bresson à Jumièges: "l'oeil du siècle" exposé dans "les plus belles ruines de France"

Une centaine de photographies en noir et blanc (104 exactement), sélectionnées personnellement par "l'œil du siècle", cinq ans avant sa mort, se retrouvent ainsi, à l'initiative du département de Seine-Maritime dans le prestigieux cadre des "plus belles ruines de France".

Cette exposition, présentée en collaboration avec la Fondation Henri Cartier-Bresson, comprend des paysages du monde entier, immortalisés par le photographe, de 1932 à 1999.

Itinérante, cette exposition tourne essentiellement à l'étranger, sa dernière étape ayant été Séoul, en Corée du Sud. Elle n'a été montrée qu'une seule fois en France, en 2002 à Orléans.

"Cartier-Bresson a fait une relecture de sa propre œuvre à partir du sujet +paysages+. C'est un regard neuf qu'on propose sur des œuvres pour la plupart très peu connues, malgré la rétrospective chronologique de l'année dernière à Paris", explique Isabelle Gard, directrice de l'Abbaye.

Dans les années 70, alors qu'il est entré dans la soixantaine, le photojournaliste, théoricien de "l'instant décisif", cofondateur de l'agence Magnum, a cessé les reportages et s'est remis au dessin et à la contemplation, sans délaisser pour autant son fameux Leica.

Les photographies de l'exposition donnent à observer des aspects toujours surprenants des "paysages" composés par ce maître de l'image. L'humour est souvent présent, l'humain toujours, même de façon fugitive.

Des thèmes dominent: les arbres, la neige, la brume, le sable, les toits, les rizières, les cours d'eau, les ombres...

Au lieu de les éviter, Henri Cartier-Bresson se sert des poteaux électriques, des cheminées d'usines ou des voies ferroviaires pour structurer ses œuvres, rappelant qu'il fut très influencé par le cubisme.

Dans la postface du catalogue, l'essayiste et poète Gérard Macé évoque "des peintures sans la trace du pinceau".

Plus d'infos sur le site de l'Abbaye de Jumièges.