Frans Masereel, Images de résistance

"Debout les morts"
2 images
"Debout les morts" - © Frans Masereel

Le Mu.ZEE à Ostende consacre jusqu’au 3 septembre une rétrospective au peintre et graveur Frans Masereel, né à Blankenberge en 1889 et décédé à Avignon en 1972.

L’homme, pacifiste et libertaire, se réfugie à Genève pendant la Première Guerre Mondiale et rencontre l’écrivain Romain Rolland qui défend une haute idée de l’Europe. Frans Masereel, à l’instar de son ami Stefan Zweig, appelle de ses voeux une Europe culturelle et fraternelle. L’œuvre du graveur est marquée par la tourmente du premier conflit mondial.

La série de bois gravés "Debout les morts" (1917) dénonce les horreurs de la guerre des tranchées. L’auteur de l’"Histoire sans paroles" est considéré comme le précurseur du roman graphique. En recourant à la xylogravure, technique héritée du Moyen-Age, il renouvelle l’imagerie par la violence de l’entaille. La gouge évide le bois. A l'impression, les reliefs étant encrés, les parties gravées apparaissent en blanc sur le fond noir. La force expressionniste de la gravure sur bois rappelle le style de l’Allemand Georg Grosz. Frans Masereel suggère aussi l’effervescence des villes industrielles chaotiques avec leurs grappes d'immeubles s’élevant en faisceaux vers le ciel.

À travers une correspondance imaginaire, le documentariste Jerôme Laffont a esquissé le portrait de cet artiste qui passa sa vie à s’affranchir des marchands d’art pour mettre sa création entre toutes les mains. Son film, "Les Mains Libres" sera projeté lors d’une séance spéciale au Cinéma Flagey le 11 juillet à 17h30, en compagnie du réalisateur. Un débat sera également organisé autour de l’œuvre de Frans Masereel.

Phillip Van den Bossche, directeur du Mu.ZEE à Ostende, est au micro de Pascal Goffaux :