Françoise Pétrovitch, A Vif. A Feu.

Françoise Petrovitch. A Vif. A Feu.
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Françoise Petrovitch. A Vif. A Feu. - © RTBF Pascal Goffaux 2018

Françoise Pétrovitch est née en France à Chambéry en 1964. Elle présente à La Louvière une double exposition d’estampes, de peintures, d’aquarelles, de dessins muraux et de sculptures au Centre de la Gravure et de l’Image imprimée et de céramiques donnant du volume à son lexique formel au Centre Keramis.

La série Rougir constituée de sérigraphies datées entre 2005 et 2015 s’apparente à un carnet de notes qui sondent l’âme humaine et révèlent subtilement l’ambivalence de l’être entre le masculin et le féminin, l’enfant et l’adulte, l’homme et l’animal. L’ambiguïté de l’image d’un membre qui est un moignon ouvre un espace d’interprétation entre le plaisir et la souffrance. La lecture oscille entre l’innocence ou l’insouciance d’une petite fille habillée d’une jolie robe d’enfant sage et la sensualité voire l’érotisme suggéré par le port de chaussures à talons aiguilles que l’enfant a enfilé.

L’univers de Françoise Pétrovitch tient en équilibre sur un fil. Les personnages déroulent un fil rouge que le spectateur tire vers le bas d’une interprétation personnelle, car elle lui révèle les instincts du loup et les blessures de l’homme. Le rouge est la couleur du sang et l’image qui se donne à voir comme une brûlure ou une plaie à vif recourt à la technique de la gravure, taille et incision, car au-delà d’une lecture première de l’estampe, Françoise Pétrovitch explore les techniques au service de l’image. Tout est langage.

Le langage du feu est maîtrisé pareillement en adéquation avec l’imagerie. Oiseau, Jane et Peau d’âne sont des séries de céramiques réalisées à Keramis aux côtés d’autres créations, Lapin, Gant et Oiseau. La peinture recouvre la matière. La terre noire apparaît sous l’émail comme une peau nue cache et révèle les parts d’ombre de nos vies. Une double exposition exceptionnelle à voir jusqu’au 16 septembre.