France: le "vagin de la reine" d'Anish Kapoor, vandalisé, va rester en l'état

France: le "vagin de la reine" d'Anish Kapoor, vandalisé, va rester en état
France: le "vagin de la reine" d'Anish Kapoor, vandalisé, va rester en état - © FRANCOIS GUILLOT - AFP

Une sculpture polémique de l'artiste britannique Anish Kapoor vandalisée dans les jardins du château de Versailles avec des inscriptions antisémites va rester en l'état, comme le souhaite son créateur, accompagnée de panneaux explicatifs, a indiqué lundi le gouvernement français.

"C'est le choix de l'artiste. Le choix de montrer que certains ont aujourd'hui un problème avec la liberté de création", a souligné le ministère de la Culture. "Il faut continuer à expliquer au public, par des panneaux, par une action de médiateurs, ce qui s'est passé", selon le ministère.

Installée dans les jardins du château de Versailles depuis juin, la sculpture monumentale "Dirty Corner", une trompe d'acier à la connotation sexuelle évidente, parfois affublée du surnom de "vagin de la reine", avait déjà été vandalisée en juin par des jets de peinture jaune puis nettoyée.

Dimanche, elle a cette fois été recouverte de nombreuses grandes inscriptions à la peinture blanche: "La reine sacrifiée, deux fois outragée", "SS Sacrifice Sanglant", "le deuxième VIOL de la Nation par l'activisme JUIF DEVIANT". Ou encore: "Juifs tradis et Kabbalistes: ce taré vous met en danger".

L'artiste avait annoncé dimanche soir que les insultes ne seraient pas retirées car désormais "ces mots infamants font partie" d'elle. "Je suis convaincu qu'il ne faut rien retirer de ces insultes, de ces mots propres à l'antisémitisme que l'on voudrait aussitôt oublier", a-t-il dit au Figaro.

"Anish Kapoor a pris sa décision en parfait accord avec Catherine Pégard", présidente du domaine de Versailles, a confirmé lundi l'établissement. Les panneaux explicatifs liés à cette dégradation seront mis en place dans les "prochains jours".

Mme Pégard a souligné, dans une déclaration écrite, que cet "acte de vandalisme intolérable" pose "tout naturellement la question de la sécurité" et que celle-ci allait être renforcée.

Le château de Versailles est ouvert depuis plusieurs années à l'art contemporain et certaines expositions, comme celles de Jeff Koons (2008), Takashi Murakami (2010) ou Joana Vasconcelos (2012) dans les appartements royaux, avaient suscité des controverses.


Belga