Filip Francis, et le geste rétinien

Filip Francis, et le geste rétinien - FelixArt
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Filip Francis, et le geste rétinien - FelixArt - © Valérie Boucher

Une bonne rétrospective du travail de l’artiste Belge Filip Francis, né en 1944, présente la démarche très particulière de son travail sur le champ de la vision périphérique.

A l’entrée, nous sommes accueillis par une photo, taille réelle, de l’artiste à l’œuvre.

L’exposition est rythmée par trois salles et espaces ouverts présentant l’évolution de son travail. Nous démarrons directement dans la première salle avec son travail sur la vision périphérique qu’il a développée avec des couleurs complémentaires (rouge et vert) ou couleurs primaires (jaune, rouge, bleu) dans les années 80. Ce travail est proche du groupe De Stijl et plus spécifiquement de l’un de ses membres principaux Piet Mondrian dont il verra le travail, pour la première fois dans sa jeunesse, au Gemeentemuseum Den Haag.

"La fragilité dans l’œuvre de Mondrian résonne dans la vison périphérique de Francis, pas tellement sur le plan de composition, mais en lien avec la tension inhérente entre les motifs plus contrôlés, focalisés, entrepris par l’artiste dans ses réalisations et le geste pictural intuitif qui découle de la vision périphérique." dixit Stephan Wouters.

Son principe est simple, il fixe son regard sur un point défini de la toile, qu’il décrit sur le côté ou au dos de la toile, et plus il s’éloigne de ce point, plus la précision de son geste se brouille, devient maladroit et s’approche de la catastrophe. Il peint de cette manière en utilisant la main droite, la main gauche, le pied droit, le pied gauche, en état d’ivresse, dans le noir, … Selon l’artiste, sa vision du monde pictural est une catastrophe rétinienne.

Autres facteurs très importants dans son travail sont l’élément du temps, de l’espace et du son. Nous pouvons voir dans une autre salle les œuvres de Souvenir Series, une série de tableaux recouverts de peinture ardoise vert, faisant référence à des souvenirs fictifs ou non de l’enfance de l’artiste.

Un peu plus loin dans un espace ouvert, on peut voir une série de vidéos du début des années 70 et au sol la trace de la performance Tumbling Woodblocks, constituée de simples lattes de parquets disposées côte à côte comme un domino. Dans ce travail, on peut voir tout le travail d’analyse des processus de perception du temps et de l’espace.

Je vous invite à aller voir son travail expérimental, provocateur, chargé d’humour, dominé par la pensée et les sensations.

En pratique

Filip Francis et le geste rétinien

FelixArt Museum Kuikenstraat 6 -1620 Drogenbos

Exposition jusqu’au 13 septembre 2018