Fernand Khnopff, le maître belge du symbolisme et ses énigmes, au Petit-Palais à Paris

Khnopff, I lock my door upon myself - Munich Neue Pinakothek
Khnopff, I lock my door upon myself - Munich Neue Pinakothek - © Bpk Berlin dist.rmn Grand palais images BSTGS

Le Petit-Palais à Paris propose, jusqu'au 17 mars, une vaste exposition rétrospective consacrée au symboliste belge Fernand Khnopff, salué ici comme "Maître de l'énigme". Elle réunit une centaine de pièces emblématiques de ce peintre, dessinateur, graveur, sculpteur et metteur en scène de ses propres oeuvres, qui marqua profondément le mouvement symboliste belge et européen.

L'un des commissaires de l'exposition n'est autre que Michel Draguet, directeur des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles, qui a prêté, pour l'occasion, plusieurs toiles figurant dans ses collections.

Fernand Khnopff (1858-1921), fondateur du "Groupe des XX", qui avait interrompu des études de droit pour fréquenter l'Académie de Bruxelles, joue avec les thèmes: du portrait aux souvenirs oniriques ou encore du fantasme au nu, invitant à la rêverie mais aussi à la réflexion sur l'identité. On met ses oeuvres en regard de celles d'artistes de son époque, celle de l'Europe fin-de-siècle, et notamment de Gustave Moreau (1826-1898) à Gustav Klimt (1862-1918) et Franz von Stuck (1863-1928).

Cette exposition s'emploie à recréer, dans sa scénographie, un véritable parcours initiatique, de sa fameuse demeure secrète et parfumée qui lui servait d'atelier, jusqu'au Palais Stoclet à Bruxelles, conçu par l'architecte autrichien Josef Hoffmann et où se marièrent les esthétiques belge et viennoise.

L'exposition aborde les grands thèmes qui lui sont chers: des paysages au portrait d'enfants, des rêveries inspirées des primitifs flamands aux souvenirs de "Bruges-la-Morte" (Georges Rodenbach), des usages complexes de la photographie jusqu'aux mythologies personnelles placées sous le signe d'Hypnos, le dieu grec du sommeil et le père de Morphée, le dieu des rêves. Son univers est aussi féminin, peuplé de femmes rousses nimbées d'un halo et au regard absent et qui semblent hanter son jardin secret

Parmi ses toiles les plus célèbres relevons le "Portrait de Jeanne Kefer" (1885) et "L'Offrande" (1891), respectivement conservées au musée Paul Getty de Los Angeles et au Metropolitan Museum de New York, "En écoutant du Schumann" (1983) ou "Le Sphinx", possessions des Beaux-Arts de Belgique.

L'exposition est accessible au public du mardi au dimanche de 10h00 à 18h00 avec une nocturne le vendredi jusqu'à 21 heures.

Informations: www.petitpalais.paris.fr