Et si on se faisait une expo ? Bye Bye Future ! au Musée royal de Mariemont

Voilà l'expo idéale pour en prendre plein les yeux... et plein le cerveau si on veut creuser le propos. "Bye Bye Future ! L'art de voyager dans le temps" ce sont 100 artistes qui ont imaginé le futur, rêvé à des cités utopiques ou réécrit le passé : des aller-retour dans le temps et l'espace.

 

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Anvil, 2016 - Gericko © Xavier Ess RTBF 2020

Un parcours en huit sections (prédire l'avenir, vestiges du présent, creat.e.u.r.e: le miroir des transgressions,effondrements...) nous emmène, comme dans un labyrinthe, à la découverte d'objets et d'oeuvres du présent et du passé. Des robots et de jeux videos jouables, des machines volantes (Panamarenko) mais aussi un manuscrit autographe de Jules Verne, un extrait de Metroplis ou Anthologie, un algorithme générateur de poèmes 2.0

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Paradox, 1908-1983 - Panamarenko © Vincent Everarts
Projet d'hélicoplane, 1972 - Ferdinand Joachim © Xavier Ess RTBF 2020

Renconctre avec Sofiane Laghouati, commissaire de l'exposition

 -Quelle est l'idée maîtresse de Bye Bye Future ! ?

" l’idée c'est que l’homme, à partir du moment où il prend conscience de sa finitude, va essayer de la conjurer. Dès que la notion de temps commence à être conceptualisée, on va essayer de l’appréhender. On se rend compte que les notions de temps et d’espace, ce sont aussi des objets culturels. En fonction des civilisations et des cultures, on n’appréhende pas le temps et l’espace de la même manière. Et au fond ce qui nous échappe toujours et qui est aussi peut-être l’objet d’une grande angoisse, c’est le présent."

On a peur du futur, parfois on idéalise le passé, mais le présent nous échappe toujours.

"La question au cœur de l’exposition c’est comment, pour parler du présent, on n’arrête pas de faire des recadrages dans l’espace et dans le temps. C’est-à-dire qu’on met le futur dans le passé, le passé dans le futur et on voit ce que ça donne. Mais c’est toujours le présent qui ressurgit." 

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Souvenir, 2009 - Fayçal Baghriche © Xavier Ess RTBF 2020

- L’exposition est divisée en sections dont une consacrée à l’utopie, la dystopie et l’uchronie. Quelles en sont les différences ? 

"L’utopie [inventée par Thomas Moore - eutopia, un lieu heureux] c’est un monde idéalisé, un monde parfait qu’on va essayer d’atteindre, un modèle de vie idéale que l’on retrouve dans pleins de récits. La dystopie c’est le contraire de l’utopie. C’est l’idée d’un monde que l’on a idéalisé et qui tourne mal (...) et on essaie de survivre. Aujourd’hui c’est beaucoup la littérature et les films post-apocalyptiques.

Les dystopies disent beaucoup de notre époque en fait. Elles représentent un contre-modèle dont il faut se méfier, qui pourrait arriver et dont il faut prendre conscience pour pouvoir l’éviter.

L’uchronie joue sur la notion de temps, et signifie un monde parallèle, une société qui aurait évolué différemment. Une des grandes uchronies c’est “et si les allemands avaient gagné la seconde guerre mondiale ?’’ C’est l’objet d’un livre de Philip K.Dick, ‘’Le Maître du Haut-Château’’ récemment adapté en série."

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Conan, Le Fils du Futur, 1978 - Hayao Myazaki © The Art of Anime - coll Spacher & Vogler

Hayao Miyazaki

Une dystopie méconnue est une œuvre des années 70 de Hayao Miyazaki (Le Voyage de Chihiro, Princesse Mononoké) intitulée Conan, Le Fils du Futur. Après la 3e guerre mondiale, Conan, réfugié sur une île, recrée un monde proche de la nature en opposition à Industria, une cité qui représente les forces anciennes : un monde industriel et de consommation infinie. 

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Iranoor From Coast to City, 2019 - Fred Biesmans © Xavier Ess RTBF 2020

FRED BIESMANS

Une des pièces maîtresses de l’exposition c’est le travail du sculpteur Fred Biesmans qui travaille la terre cuite. Il a réalisé une maquette de 3 mètres en céramique qui représente la vie d’une cité post-apocalyptique où on reconnait les vestiges de l’activité humaine sur Terre dans n’importe quelle grande cité. A côté de cette fresque en 3D, on trouve des petites saynettes avec différents personnages qui sont comme dans une humanité retrouvée. On reconnait les vestiges de nos civilisations (une enseigne de cinéma, un supermarché…), mais tous ces objets sont détournés pour créer des sortes de cocon qui correspondent à cette humanité retrouvée qui est au cœur de l’œuvre de Fred Biesmans.  Une uchronie entre utopie et dystopie !

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GPS fail, 2016 - Fred Biesmans © Xavier Ess RTBF 2020
Nécropole commerciale, 2016 - Fred Biesmans © Xavier Ess RTBF 2020
Cargo culte, 2015 - Fred Biesmans © Xavier Ess RTBF 2020

Les informations pratiques

L'exposition BYE BYE FUTURE! L'art de voyager dans le temps

 au Musée royal de Mariemont jusqu'au 24.05.2020

Parmi les nombreuses activités annexes :

-Dimanche 1er mars et 3 mai: Visite aux côtés du Professeur Pickleton et sa drôle de machine.

-Dimanche 1er mars, 5 avril et 3 mai: Visite et discussion philo

-Mercredi 11 mars : Rétro-gaming pour ado et adulte

-Dimanche 5 avril : Podium Slam

-Du mardi 07 au vendredi 10 avril: stage Des Robots et Nous - programmation de robots Lego pour 10-14ans.

-Samedi 16 mai de 14h à 24h : fête de clôture autour des voyages dans le temps.

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Batman 1930, 2014 - Stéphane Halleux © Xavier Ess RTBF 2020

Elegy for a Dead World - teaser