Ensor démasqué



Lui qui aimait jouer avec les mots et les couleurs pour leur faire une fête, lui dont le nom le destinait à devenir un ensorceleur, lui qui a osé un rapprochement avec ce pur produit de la mer dont il se sentait si proche – le hareng saur, sans doute aurait-il approuvé l’exposition Ensor démasqué, tout en voyant de ses tableaux le sort scellé aux cimaises de l’espace ING, à Bruxelles (jusqu’au 13 février 2011).

Le Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers, le plus riche en œuvres d’Ensor en Belgique, s’est montré généreux pour cette exposition où les soixante-cinq tableaux rassemblés s’expliquent par des dizaines de dessins et croquis préparatoires. Herwig Todts, conservateur au Musée d’Anvers, soutient que loin de cacher des personnages, les masques d’Ensor les révèlent. Tout comme est révélatrice la litanie des « types » ostendais qu’Ensor a connu dans son enfance ; il les a énuméré en 1933, dans un dialecte local à couper au couteau (merci aux archives de la VRT) ; ce sont autant de figures, de modèles pris sur le vif que l’on retrouvera mutatits mutandis, dans sa peinture.



Céline Harcq - Musiq'3