Enki Bilal met le spectateur en boîte à la Biennale de Venise

Soutenue par Artcurial et exposée à la Fondation Cini à Venise, l'installation créée par l'artiste est une boîte mesurant 2,40 mètres de hauteur, 7 mètres de long et 4 mètres de large.

Elle propose un parcours en deux temps : le spectateur se retrouve dans le noir face à un grand écran diffusant en continu des images avant de découvrir deux tableaux réalisés par le dessinateur de "Partie de chasse".

"C'est une réflexion qui va confronter chacun à sa mémoire visuelle", assure Enki Bilal, qui économise ses mots, soucieux de créer "un effet de surprise".

"Quand on est face à une oeuvre dans un musée, on est libre de son temps. Là, on ne sera pas libre de son temps et on ne sera pas libre de la lumière", poursuit l'artiste.

"Je veux qu'il y ait une confusion visuelle, un impact sur la rétine, qu'une frustration se produise", lors de cette expérience décrite comme "éphémère et solitaire".

Pour garder le mystère, l'artiste n'a pas non plus voulu dévoiler le sujet abordé par son oeuvre mais précise qu'elle sera en continuité avec son travail sur "le corps, l'humain, l'hybridation".

"C'est une nouveauté. On sort de la bande dessinée, on est à la croisée des chemins entre la peinture, le son et l'image", analyse Eric Leroy, expert en bandes dessinées chez Artcurial et à l'initiative du projet.

"Aussi, l'idée d'être à Venise au milieu de l'eau et d'être enfermé dans un univers clos, dans le noir avec du son, de l'image et des lumières, ça nous fait voyager davantage", ajoute-t-il.

Début 2016, Enki Bilal exposera une quinzaine de tableaux inédits au Japon où il fera également l'objet d'une rétrospective.