"En nature", la nouvelle exposition du Musée Rops à Namur

En nature
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En nature - © Christine Pinchart

Une exposition qui met à l’honneur "La Société Libre des Beaux-Arts", fondée en 1868, et dont Félicien Rops fut l’un des membres fondateurs. L’expo se poursuivra jusqu’au 1er septembre.

Rencontre avec Véronique Carpiaux, la conservatrice du musée.

Dans cette société, on trouve des artistes internationaux également ?

Oui, aux côtés de Rops, Meunier, Baron et beaucoup d’autres, on trouvait Manet, Whistler, Corot, Courbet et d’autres français qui étaient un peu les parrains de ces artistes plus jeunes, qui voulaient se rebeller contre l’art officiel et académique, et qui prônaient un art nouveau qu’on appelait le réalisme.

Ces artistes reconnus ont donné du poids et de la légitimité à la société ?

Oui la présence de Courbet par exemple, permettait aux nouveaux artistes de légitimer leur discours. A l’époque il a défrayé la chronique avec son enterrement à Ornans,  qui avait scandalisé le public, parce qu’il avait utilisé un format qui était en principe réservé à la peinture d’histoire et aux grands peintres académiques et classiques.  

Et on a pour la première fois la grande chance, de mettre côte à côte, l’enterrement à Ornans, de Courbet, et l’enterrement au pays wallon de Rops.

Nous avons reçu du Musée de Besançon, une œuvre préparatoire à cet enterrement, et on voit à quel point Courbet a eu de l’influence sur l’œuvre de Rops.

C’est l’époque où les artistes quittent les murs de l’atelier pour aller peindre dans la nature ?

Rops dit, il faut peindre en nature, et c’est aussi l’époque où les techniques changent. Le tube de peinture apparaît, le chevalet permet de sortir de l’atelier, et on emporte la boîte d’aquarelles. On a une vision de la nature, par les artistes, qui veulent s’approprier le paysage .

Et la Société Libre des Beaux -Arts, va jouer un rôle important pour essayer de placer certains artistes membres, dans les salons officiels. Et les critiques d’art aussi, jouent un rôle pour placer ces artistes aux idées révolutionnaires, que l’on nomme les Réalistes.

Elle se dote également d’un organe officiel, qui est l’Art Libre ?

C’est un journal qui fait la promotion des artistes qui sont dans la société, et grâce à cette revue, certains artistes vont pénétrer dans les salons officiels. Ce sont aussi les critiques du journal, qui vont se manifester positivement envers les artistes de la société, en expliquant au public ce que veulent faire ces artistes, et notamment l’importance de leur rébellion.

Petit à petit la nature s’estompe, les couleurs pâlissent et on s’approche de l’abstraction ?

C’est le cas dans les " Marines ", où l’artiste fait corps avec le paysage et va vers une abstraction. Il y a une très belle peinture de Rops où l’on est dans l’art contemporain, tant on va vers l’abstraction, avec cette absence de couleurs.

Bien sûr tout cela intrigue le public, qui n’a pas accès à ces nouvelles théories. Et l’Art Libre permettait au public de comprendre la démarche de ces artistes.

Christine Pinchart

www.museerops.be