En Image et sur Papier

Art on Paper
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Art on Paper - © © RTBF - Stéphanie Etienne - 2013

C’était la semaine dernière à Bruxelles. Art on Paper a occupé un hôtel de l’avenue Louise (l'IBIS, ex White hôtel) tandis que Fotofever était installée à Tour & taxi. Deux jeunes manifestations qui ont su trouver leur place.

Art on Paper en était à sa quatrième édition, réitérant sa formule originelle des galeries en chambres. Cadres détendus et extrêmement conviviaux pour proposer des œuvres sur papier plus une, sur un autre support de leur choix. Pas de lourdes portes de galeries à passer, la proximité des accrochages rendant tout ce parcours très léger et dense aussi. 9 étages à parcourir du sol au plafond  dont même les salles de bains, sont parfois  investies, ne perdant aucun espace pour surprendre.

Telle la galerie Yukiko Kawaseur, qui avait choisi d’y placer des moniteurs diffusant des dessins infinis, l’artiste, Daisuke Nagaoka traçant et effaçant continuellement ou encore la galerie des petits carreaux qui en avait fait un espace interdit aux moins de 18 ans, présentant les œuvres érotiques d’une jeune artiste chilienne Lorena Roco.

Art on Paper : c’est de l’art sur papier. Du dessin, beaucoup de dessins et pas seulement.

Sculpture de papier mâché, papier brodé, jeu de découpage… et des dessins graphiques, épurés, voire du dessin social, réaliste comme ceux proposés par la galerie allemande Thomas Rehbein.

Au même moment, à Tour & Taxi, c’est la photographie qui était célébrée par Fotofever. Pour provoquer la contagion de la fièvre photographique, une cinquantaine d’exposants venus des 4 coins du monde proposant essentiellement de la photographie contemporaine, des photographes de la nouvelle génération et un peu d’institutionnel aussi, avec la présence du Musée de la photographie de Charleroi et du FoMu d’Anvers à qui on a demandé "Faites une belle expo qui donne envie de faire de la photo". Et dans l’idée de nous donner envie, présentation de la collection d’ Alexandre Dupouy, autour de la fesse. Tant qu’à faire… C’est la galeriste Emilie Dujat qui a opéré la sélection.

 

Pour sa deuxième édition à Bruxelles, Fotofever a attiré quelque 11.000 visiteurs. Grande diversité des œuvres exposées : Liu Bolin et sa fameuse photo réalisée lors du décrochage à la galerie Paris Bejing, les étranges images du photographe hollandais Hendrink Kerstens présentées par la galerie anversoise Nunc Contemporary ou ces clichés de Marrakech …

Ces 2 événements étaient à l’opposé physiquement l’un de l’autre et pourtant. Outre leur jeune âge,  ils ont plus d’un point commun dont celui d’offrir des œuvres d’art accessibles – tant dans l’esprit que dans le prix - et se révèlent une bonne entrée en matière pour débuter une collection. Parce que le dessin a longtemps été relégué au rang de travail préparatoire et que si la photo a à peine 200 ans, son marché n’existe que depuis les années 80. Le gros des collectionneurs restent focalisés sur de la peinture, rendant l’acquisition de photos ou de dessins, plus aventureuse. D’où cette fièvre enivrante. Ces 2 mediums touchent aussi, à la jeune création et à l’instantanéité. On entre dans un autre rapport au temps et parfois d’autres audaces. Pour les jeunes artistes, le coût modéré de réalisation d’une œuvre au travers de ces médiums, leur permet probablement d’oser plus, ayant moins de regret à détruire si ce n’est pas à la hauteur de leurs aspirations.

 

Stéphanie Etienne

 

Fotofever se déclinera du 15 au 17 novembre à Paris, au Carrousel du Louvre et nous attendons 2014 , pour retrouver ces 2 foires dans leur édition bruxelloise.

 

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