Eliasson déploie son palais des glaces conceptuel à la Fondation Vuitton

"Double infinity", 2014 (détail) de Olafur Eliasson
"Double infinity", 2014 (détail) de Olafur Eliasson - © Iwan Baan

Un labyrinthe plongé dans le noir, de grandes salles avec des murs de miroirs qui en changent la perception: Olafur Eliasson a déployé un fascinant palais des glaces conceptuel à la Fondation Louis Vuitton à Paris.

"Mon exposition interroge l'horizon qui sépare, chez chacun d'entre nous, le connu de l'inconnu", écrit l'artiste islandais, à propos de cette oeuvre troublante, spécialement conçue pour le bâtiment futuriste de l'architecte Frank Gehry au Bois de Boulogne (du 17 décembre au 16 février).

A l'entrée du parcours, "basé sur le cercle", que doit suivre le visiteur, une météorite. Puis c'est la plongée dans le noir. Les murs sont recouverts d'un papier de verre "avec une texture proche de celle de la poussière de diamant".

Baptisés "Parallax planet" ou "Double Infinity, "ces passages courbes relient, comme s'ils étaient en orbite, les espaces plus grands entre eux et avec le reste du bâtiment", selon la description du plasticien.
Le visiteur débouche ensuite sur une première grande installation "Map for unthought thoughts" ("Carte des pensées impensées") : un espace semi-circulaire mais qui apparaît circulaire grâce à un mur-miroir. Au centre, une source de lumière entourée d'une sculpture (cinq épaisseurs de barres) projette des ombres sur les murs, y compris celles des visiteurs.

Puis un nouvel espace de transition est relié à l'extérieur du bâtiment par deux "fenêtres" sphériques et on découvre une autre installation baptisée "Contact" (c'est également le titre de l'oeuvre): la salle apparaît à nouveau "circulaire" grâce à un miroir mais elle ne couvre qu'un quart de cercle. Le sol est bombé, "tel le sommet d'une planète".

Dernière station face à la "Big Bang Fountain": un geyser artificiel saisi par un flash stroboscopique.
Le travail d'Eliasson se prolonge sur les terrasses de la fondation, où l'artiste a installé un dispositif pour suivre le soleil et renvoyer la lumière au coeur de l'édifice sur une sphère à facettes de verre.

Devenu un des artistes les plus en vue, Olafur Eliasson vit et travaille à Berlin, où son studio emploie plusieurs dizaines de personnes. Il s'est fait connaître par plusieurs oeuvres spectaculaires où la lumière joue un rôle essentiel: "The weather project" à la Tate Modern de Londres, "Your rainbow panorama" sur une voie piétonne au Danemark ou des cascades artificielles à New York, dont une installée sous le pont de Brooklyn.

L'exposition d'Olafur Eliasson (né en 1967) coïncide avec une nouvelle présentation de la collection de la fondation, ouverte fin octobre.

Une quinzaine d'artistes sont rattachés à deux thèmes, l'un centré sur l'individu, dans ses dimensions personnelle ou sociale (Wolfgang Tillmans, Annette Messager, Maurizio Cattelan....), et l'autre plus contemplatif (Sigmar Polke, Thomas Schütte, Nam June Paik...).

 

AFP Relax News

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