Deux nouvelles expositions au MACS 22

Le Musée des Arts Contemporains de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le MACS, ouvre ce 23 mai au public les portes de deux nouvelles expositions. La première, consacrée à l’artiste américain James Welling, présente son travail photographique lié aux sites architecturaux et statuaires de l’Antiquité gréco-romaine. La deuxième exposition est une exposition de groupe cette fois : les artistes Fiona Tan, Oriol Vilanova et Daniel Turner proposent une méditation poétique et critique sur le thème des ruines.

Cento, de James Welling

C’est la pratique ancienne du "centon", l’assemblage de fragments de diverses œuvres, qui donne son nom à cette exposition, lorsqu’en 2018 au Met, James Welling prend des photographies du buste de Julia Mamaea, une impératrice romaine d’origine syrienne. Il imprime ensuite les tirages en différentes couleurs grâce au procédé de la collotypie. L’artiste est alors séduit par ce procédé, qui permet d’opérer une double remontée dans le temps : vers la statuaire polychrome de l’Antiquité mais aussi vers le noir et blanc des photolithogravure, qu’on trouve énormément dans la discipline de l’Archéologie et de ses premières missions du 19e siècle. Polychromie, teintes et nuances : la couleur est très investie dans cette exposition, interrogeant même le rapport entre le visiteur et les œuvres. L’artiste s’amuse également du lien temporel entre les techniques utilisées :

Avec la technologie numérique, j’ai appliqué sur les sculptures des couleurs clairement antinaturelles dans l’idée que celles-ci s’infiltrent dans la pierre ancestrale et prennent vie indépendamment.

 

Comme le mur qui attend le lierre, de Fiona Tan, Daniel Turner et Oriol Vilanova

C’est l’image qui apparaît immédiatement dans le cerveau : celle d’un mur en ruine où le lierre a pris possession de chaque fissure. Les trois artistes proposent dans cette exposition une méditation poétique et critique sur le thème de la ruine, archéologique ou de guerre. La collection d’une centaine de cartes postales (Vues imaginaires, 2017) glanée par Oriol Vilanova est agencée sur les murs, façon mosaïque. Lui répondant, les films en pellicule argentique de Fiona Tan (Ruins, 2019) font écho à la problématique. Et enfin, en trait d’union de ces installations et inspiré par le poème de Bertolt Brecht, la sculpture de Danier Turner RHR, 2012, s’érige. Le travail de Turner s’illustre dans cette sculpture via de vieilles poignées de réfrigérateurs élevées au rang d’artefacts archéologiques, encore sales d’avoir été empoignées par l’être humain. Vous l’aurez compris, les supports utilisés ici sont liés à la symbolique de la ruine, et à sa temporalité. Les artistes tentent de faire basculer le spectateur de "l’image de la ruine à la ruine de l’image".

Ces deux expositions, à voir jusqu’au 29 août sont gratuites mais nécessitent une réservation.


Informations pratiques
Musée des Arts Contemporains Grand-Hornu
Rue Sainte-Louise 82 - 
7301 Hornu