Deux expositions célébreront le centenaire de la mort de Rodin à Paris

Auguste Rodin, "Le Baiser" (1881-1882)
Auguste Rodin, "Le Baiser" (1881-1882) - © Musée Rodin (photo Hervé Lewandowski)

À l'occasion du centième anniversaire de la mort du célèbre sculpteur Auguste Rodin, deux expositions mettront en lumière le travail de ce "poète de la forme". La première se tiendra du 14 mars au 22 octobre au Musée Rodin à Paris et proposera une rencontre entre le sculpteur et un autre grand maître, à savoir l'Allemand Anselm Kiefer, âgé aujourd'hui de 72 ans. La seconde permettra aux visiteurs des Galeries nationales du Grand Palais, également à Paris, de retrouver, du 22 mars au 31 juillet, quelques-uns des chefs-d'oeuvre de Rodin et, parmi eux, "Le Penseur", "Le Baiser" ou encore "Les Bourgeois de Calais".

Pour les 100 ans de la mort du célèbre sculpteur, le Musée Rodin a décidé de donner carte blanche à Anselm Kiefer, lui aussi pétri, tout comme Rodin, de liberté et tout aussi affranchi des contingences artistiques. Les similitudes de parcours, de sources d'inspiration et de procédés créatifs des deux artistes mettent en exergue une originalité interactive. À cette occasion, Kiefer a réalisé une série de vitrines totalement inédites. En écho à cette présentation, le parcours du musée est modifié afin d'exposer pour la première fois des plâtres de Rodin totalement méconnus.

L'exposition au Grand Palais présentera quant à elle les oeuvres du grand maître, mais aussi les mutations qu'elles ont engendrées. Aussi, elle permettra de revenir sur l'extraordinaire influence de Rodin sur des générations d'artistes, de Jean-Baptiste Carpeaux Gerhard à Richter, en passant par Antoine Bourdelle, Camille Claudel, Constantin Brancusi, mais aussi Alberto Giacometti, Joseph Beuys, Georg Baselitz ou encore Antony Gormley.

Né à Paris, Rodin fréquenta l'Ecole des Beaux-Arts de la capitale française mais ses débuts furent difficiles car il ne travaillait pas selon les préceptes de l'académisme. Il ne sera admis pour la première fois au Salon de Paris qu'en 1875. Il rencontrera son premier succès en 1877 avec son "Âge d'airain". Il collaborera aussi avec le sculpteur belge Antoine-Joseph Van Rasbourgh, avec qui il participa notamment à la décoration de la Bourse de commerce à Bruxelles. Il est notamment apprécié pour sa fabuleuse capacité à restituer la complexité émotionnelle et psychologique de ses personnages.

L'histoire a retenu sa liaison passionnée avec Camille Claudel, elle aussi sculptrice et qui collabora avec lui pendant une quinzaine d'années avant d'être internée par sa famille et notamment par son frère l'écrivain, poète et dramaturge Paul Claudel.


Belga