Des chercheurs anglais voient la ville du futur en oeuf et en os

Des chercheurs anglais voient la ville du futur en oeuf et en os
Des chercheurs anglais voient la ville du futur en oeuf et en os - © Ksene - Getty Images/iStockphoto

Une équipe de l'université de Cambridge travaille sur la création d'un matériau de construction conçu à partir d'os artificiel et de coquille d'oeuf.

Bioingénieure de l'université de Cambridge, Michelle Oyen travaille avec son équipe à la mise au point d'un matériau de construction dans lequel le béton et l'acier sont remplacés par de l'os artificiel et de la coquille d'oeuf. En choisissant de ne pas se concentrer sur les moyens de faire baisser l'empreinte carbone des matériaux de construction déjà existants, Oyen et son équipe comptent créer un tout nouveau matériau inspiré de la nature.

Le biomimétisme, l'art de copier la nature

Grâce à un financement provenant du Corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis, Oyen crée de petits échantillons d'os artificiel et de coquille d'oeuf qui pourront être utilisés pour remplacer les implants médicaux puis remplacer les matériaux de construction. Les échantillons sont produits à température ambiante, ce qui réduit davantage l'empreinte carbone. Pour produire ce matériau, les scientifiques s'appuient aussi sur un collagène animal, mais Oyen étudie le moyen de supprimer le recours au collagène.

Pourquoi de l'os et de la coquille d'oeuf?

Ces deux éléments forment une combinaison prometteuse en raison de leurs protéines et minéraux. Alors que les minéraux apportent de la rigidité au matériau, les protéines lui offrent une résistance accrue. Autre avantage de l'os (qui ne s'applique pas encore à la version recréée par les scientifiques): sa capacité à se régénérer. 

Un retour aux essentiels

Michael Ramage, du département d'architecture de l'université de Cambridge, se penche lui aussi sur l'avenir du bâtiment. Alors que le béton et le bois restent les matériaux les plus utilisés actuellement dans la construction de grandes structures, Ramage propose de privilégier l'usage du bois, l'un des matériaux les plus vieux de l'humanité. Dans un rapport publié la semaine dernière, Ramage explique: "Si la ville de Londres veut survivre à la croissance de sa population, elle doit se densifier. L'une des solutions: construire des bâtiments plus hauts. Nous pensons que les gens préfèrent les hauts bâtiments faits de matériaux naturels et non d'acier et de béton". Ramage a récemment soumis une proposition au maire de Londres: un gratte-ciel de 80 étages et de 300 mètres de haut.