De Watteau à Fragonard : l'histoire des "fêtes galantes" au Musée Jacquemart-André

"La Proposition embarrassante" Antoine Watteau (vers 1715–1720)
"La Proposition embarrassante" Antoine Watteau (vers 1715–1720) - © ©The State Hermitage Museum/Vladimir Terebenin

De la "Récréation galante" d'Antoine Watteau (1684 - 1721) à "La Fête à Saint-Cloud" de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), le Musée Jacquemart-André présente à partir du 14 mars une exposition sur l'histoire des "fêtes galantes" à travers une soixantaine de tableaux.

"De Watteau à Fragonard, les fêtes galantes" entraîne le visiteur dans des décors champêtres à la végétation luxuriante. Watteau, à l'origine de ce genre pictural, met en scène le sentiment amoureux : danseurs, belles dames ou bergers s'adonnent à des divertissements ou à des confidences.

"L'exposition veut montrer que l'histoire de ce genre pictural à la périphérie de l'art français du XVIIIe siècle a une grande importance pour la créativité à cette période d'un grand nombre des plus grands artistes français de ce siècle", explique Christoph Vogtherr, commissaire général de l'exposition.

Présentées dans l'atmosphère poétique des "fêtes galantes", les oeuvres d'Antoine Watteau, François Boucher (1703-1770), Nicolas Lancret (1690-1743) et notamment Jean-Honoré Fragonard invitent à une promenade au siècle des lumières, du début du XVIIIe siècle à la fin du règne de Louis XIV et pendant la Régence (1715-1723).

Les tableaux proviennent d'importantes collections, le plus souvent publiques, françaises, allemandes, anglaises ou encore américaines.

"Watteau a pris les deux idées de la fête villageoise flamande et de la fête pastorale vénitienne. Les personnages sont des contemporains à la mode. La fête galante est sans histoire et sans message clair, c'est une libre expression pour l'innovation des jeunes artistes qui ont succédé à Watteau, mort à 37 ans", précise M. Vogtherr.

Selon lui, "La fête galante va devenir plus réelle et plus réaliste avec les successeurs de Watteau", qui insèrent parfois des lieux ou des détails facilement identifiables par leurs contemporains, à l'image du tableau de Jean-Baptiste Pater (1695-1736) "Baigneuses à une fontaine dans un paysage", qui a exploré le potentiel érotique des scènes de plein air.

Egalement dans l'exposition, des dessins "d'une grande qualité" de Watteau, "productif omnivore".
L'exposition s'achève avec le chef-d'oeuvre de Fragonard, "La fête à Saint-Cloud". Ce tableau, prêté exceptionnellement par la Banque de France, "marque l'apothéose de la fête galante mais aussi sa fin".

 

AFP Relax News

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