David Lynch bientôt en personne à la Louvière ?

David Lynch à La Louvière
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David Lynch à La Louvière - © Christine Pinchart

Rencontre avec Marie Van Bosterhout et Catherine de Braekeleer, les commissaires de l’exposition David Lynch "Circle of Dreams" : "David Lynch a préféré la Louvière à Bruxelles pour son exposition. Le passé industriel de la ville, correspondait mieux à son travail".

130 œuvres gravées, lithographies et gravures sur bois, accompagnées d’une série de courts métrages expérimentaux. Des courts métrages réalisés autour de 1967, lorsqu’il étudie la peinture; et qui sont antérieurs à son premier long métrage.

Quant à la lithographie, David Lynch en découvre le principe en 2007. Dans l’atelier Idem  créé en 1880 à Paris; celui qui a vu passer Picasso et Matisse.

Il vous a fallu convaincre David Lynch d’exposer à La Louvière ?

Dans un premier temps, l’apprivoiser peut-être, mais l’un va avec l’autre.

Lui faire comprendre l’envie qu’on avait de faire cette exposition, en lui expliquant ce qu’étaient le lieu et la ville. Puisque c’est un homme de ville plutôt industrielle et un peu glauque. On lui a envoyé des photos de la ville aussi, et c’est une aventure qui s’est faite lentement. On l’a rencontré une fois et petit à petit les choses se sont mises en place. Il laisse carte blanche, mais il a des exigences quand même. Il voulait que l’expo porte le nom de l’une de ses œuvres. Il voulait un catalogue en français et en anglais. On a proposé un catalogue accessible au plus grand nombre et il a accepté.

 

Ce sont deux étages avec deux univers différents, des estampes et des courts métrages ?

 

Nous voulions un ensemble et la sélection s’est portée sur ses premiers courts métrages, puisque l’on est vraiment entre les arts plastiques et le cinéma. Il ne fait pas encore de cinéma à l’époque et il est encore étudiant à l’école des Beaux-Arts de Pennsylvanie. Et donc il touche au cinéma par la peinture. Ce sont des peintures animées, ensuite ça devient un mélange de peintures animées, et d’images en prise de vue réelle, avec des acteurs. Et puis ça évolue avec l’utilisation de logiciels, pour faire des animations. On peut en même temps donc, avec ces courts métrages, faire des liens avec les lithographies qui sont présentées autour.

Ce sont deux étages avec deux univers différents, des estampes et des courts métrages ?

Nous voulions un ensemble et la sélection s’est portée sur ses premiers courts métrages, puisque l’on est vraiment entre les arts plastiques et le cinéma. Il ne fait pas encore de cinéma à l’époque et il est encore étudiant à l’école des Beaux-Arts de Pennsylvanie. Et donc il touche au cinéma par la peinture. Ce sont des peintures animées, ensuite ça devient un mélange de peintures animées, et d’images en prise de vue réelle, avec des acteurs. Et puis ça évolue avec l’utilisation de logiciels, pour faire des animations. On peut en même temps donc, avec ces courts métrages, faire des liens avec les lithographies qui sont présentées autour.

Des liens avec ses longs métrages aussi, on peut évoquer Eraserhead, omniprésent dans l’exposition ?

Effectivement il y a des liens avec Eraserhead, par le son, par le fait qu’il y ait une série sur les villes industrielles, et par l’utilisation du noir et blanc.

C’est un artiste avant tout polymorphe, qui vient au départ de la peinture, mais qui transforme tout en création. Il est photographe, il est musicien, il est cinéaste, il fait de la peinture et maintenant de la litho et de la gravure sur bois. Et cela aurait été dommage de saucissonner ça, pour ne le réduire qu’à un aspect, en oubliant la richesse du dialogue, là où les choses prennent tout leur sens. Chaque élément permet d’en comprendre un autre. On voulait tout associer, et ne pas mettre d’un côté les courts métrages et de l’autre son monde imprimé.

Donc c’est un glissement progressif, sachant que pour Lynch on est capable de faire de grandes choses. Nous avons construit une salle de cinéma, au rez-de-chaussée, afin d’accueillir dignement ses trois premiers courts. De même qu’au premier étage, on a des espaces vidéo, pour donner à voir ce personnage d’une manière plus juste.

C’est quand même sa première exposition muséale en Belgique.

Cet univers industriel, il est présent partout dans l’exposition. Par exemple cet œil, que vous avez imaginé sur un terril qui s’humanise, nous renvoie dans le contexte de la région du centre ?

Par le fait qu’il y a cette montagne noire, nous ça nous évoque les terrils de la région du centre. Et c’est un clin d’œil supplémentaire à la ville industrielle, propre à Lynch.

Mais il n’est pas que noir ; on trouve le couple amoureux et une série sur la femme ?

Couple amoureux ou non ? Chez lui le divorce n’est jamais loin. Il y a des estampes comme celle où le torse de la femme apparaît avec l’inscription " I write on your skin, how much I love you ", l’amour est présent, la lumière aussi, et l’humour également ; même dans Eraserhead il y a un peu d’humour.

Vous le diriez pétri de cette atmosphère de Philadelphie, où il a commencé ; même si aujourd’hui il est à Los Angeles ?

Il a été marqué vraiment par Philadelphie. Même Eraserhead dont on parlait tout à l’heure, a été tourné à L.A. et il a cherché des lieux qui se rapprochaient de Philadelphie. Quand il est allé à Vienne, pour se rapprocher de l’œuvre de Kokoshka, il n’a pas aimé cette ville trop propre, qui ne l’inspirait pas du tout.

Vous avez toutes les deux un bel espoir ; celui de l’accueillir ici à la Louvière ?

Oui il y a des chances. Il semble laisser entendre qu’il viendra dans les semaines qui viennent. Nous faisons d’ailleurs des recherches à son attention. Il aimerait qu’on lui trouve une usine abandonnée, poussiéreuse dans laquelle on pourrait encore trouver des fantômes.

Christine Pinchart

 

David Lynch " Circle of Dreams ", jusqu’au 19 mai au Centre de la Gravure et de l’Image Imprimée à La Louvière.